Préjudice d’anxiété né après le transfert du contrat de travail : la responsabilité du précédent employeur ne peut être recherchée

Publié le 13/05/2025 à 09:00
·

Temps de lecture : 4 min

Contenu réservé aux abonnés à l'Actualité Premium

Un salarié exposé à l'amiante peut, lorsqu'il se sait menacé par le risque de développer une pathologie grave, solliciter l'indemnisation de son préjudice d'anxiété. Cette révélation pouvant survenir des années après la période d'exposition, il n'est pas rare que le contrat de travail de ce dernier ait, entre-temps, été transféré auprès d'un nouvel employeur. Auquel cas, seule la responsabilité du dernier employeur pourra être engagée.

Indemnisation du préjudice d’anxiété : les règles applicables aux salariés inéligibles à l’ACAATA

L’exposition à la fibre d’amiante expose toute personne concernée au risque, élevé, de développer une pathologie grave (cancer des poumons, cancer des bronches, fibrose, pleurésie, etc.). 

Rappel

A ce jour, les pathologies liées à l’amiante représentent, abstraction faite des accidents du travail, la première cause de décès liée au travail. 

A l’évidence, un salarié prenant connaissance de son exposition, et donc conscience de la probabilité de déclarer, à tout moment, une maladie liée à l’amiante, risque, à terme, de développer des troubles psychologiques (anxiété généralisée, dépression, isolement social, etc.).

Ce préjudice d’anxiété, le salarié peut en solliciter la reconnaissance et la réparation devant le juge prud’homal. 

Dès lors, s’il n’est pas éligible à l'allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante, ou « ACAATA », il lui appartiendra de :

  • faire Ă©tat de cette exposition ;
  • dĂ©montrer que celle-ci a gĂ©nĂ©rĂ© un risque Ă©levĂ© de dĂ©velopper une pathologie grave ;
  • justifier d’un prĂ©judice personnellement subi rĂ©sultant de cette exposition.

Son action doit être introduite dans les 2 ans suivant la date à laquelle il a pris connaissance du risque de développer une pathologie grave. Ce point de départ ne pouvant, toutefois, être antérieur à la date à laquelle son exposition a pris fin.

Pourtant, force est d’admettre que cette mise au fait peut intervenir alors même que le salarié n’est plus exposé à l’amiante depuis plusieurs années.

Or, entre-temps, les réalités économiques ont déjà pu conduire au transfert du contrat de travail de ce dernier vers un autre employeur. 

Auquel cas, contre qui le salarié doit-il diriger son action : son nouvel employeur, son précédent employeur, ou bien les deux ? 

Préjudice d’anxiété né après un transfert d’entreprise : l’ancien employeur ne peut être mis en cause

Dans une affaire soumise à la Cour de cassation en avril 2025, plusieurs salariés sollicitaient une indemnisation de leur préjudice d’anxiété. Ces derniers ayant appris, courant 2011, qu’ils avaient été exposés à de la fibre d’amiante jusqu’en 1991.

Important

Les salariés avaient travaillé au sein d’une même entreprise de 1981 à 2013. Mais au cours de ces années, leur contrat de travail avait été transféré à deux reprises : une première fois le 1er septembre 1985, une seconde fois le 1er septembre 1988.

Il vous reste 37% du contenu Ă  lire.

Ce contenu est payant. Vous avez déjà un accès ? Connectez-vous
Continuez votre lecture
Accédez à toute l'Actualité Premium
30 jours gratuits
Aucun paiement requis

Les meilleures ventes

PSU realistitc
Porter secours : sensibilisation aux gestes d'urgence
Distribuez aux salariés un support illustré pour les informer de la conduite à tenir en cas de malaise ou d’accident.
Santé sécuritéA distribuer
82 €HT
Fascicules
PSI packshot
Sécurité des chantiers du BTP - Guide illustré
Prevenez efficacement les risques sur les chantiers par une communication spécifique et dédiée.
Fiches pratiques
À partir de378 €HT/an
En ligne
Papier
CST realistic
Communication en Santé Sécurité au Travail
Animez vos actions de prévention et engagez enfin vos équipes sur le terrain.
427 €HT/an
En ligne
Papier