Préjudice d’anxiété né après le transfert du contrat de travail : la responsabilité du précédent employeur ne peut être recherchée
Un salarié exposé à l'amiante peut, lorsqu'il se sait menacé par le risque de développer une pathologie grave, solliciter l'indemnisation de son préjudice d'anxiété. Cette révélation pouvant survenir des années après la période d'exposition, il n'est pas rare que le contrat de travail de ce dernier ait, entre-temps, été transféré auprès d'un nouvel employeur. Auquel cas, seule la responsabilité du dernier employeur pourra être engagée.
Indemnisation du préjudice d’anxiété : les règles applicables aux salariés inéligibles à l’ACAATA
L’exposition Ă la fibre d’amiante expose toute personne concernĂ©e au risque, Ă©levĂ©, de dĂ©velopper une pathologie grave (cancer des poumons, cancer des bronches, fibrose, pleurĂ©sie, etc.).Â
Rappel
A ce jour, les pathologies liĂ©es Ă l’amiante reprĂ©sentent, abstraction faite des accidents du travail, la première cause de dĂ©cès liĂ©e au travail.Â
A l’évidence, un salarié prenant connaissance de son exposition, et donc conscience de la probabilité de déclarer, à tout moment, une maladie liée à l’amiante, risque, à terme, de développer des troubles psychologiques (anxiété généralisée, dépression, isolement social, etc.).
Ce prĂ©judice d’anxiĂ©tĂ©, le salariĂ© peut en solliciter la reconnaissance et la rĂ©paration devant le juge prud’homal.Â
Dès lors, s’il n’est pas éligible à l'allocation de cessation anticipée d'activité des travailleurs de l'amiante, ou « ACAATA », il lui appartiendra de :
- faire état de cette exposition ;
- démontrer que celle-ci a généré un risque élevé de développer une pathologie grave ;
- justifier d’un préjudice personnellement subi résultant de cette exposition.
Son action doit être introduite dans les 2 ans suivant la date à laquelle il a pris connaissance du risque de développer une pathologie grave. Ce point de départ ne pouvant, toutefois, être antérieur à la date à laquelle son exposition a pris fin.
Pourtant, force est d’admettre que cette mise au fait peut intervenir alors même que le salarié n’est plus exposé à l’amiante depuis plusieurs années.
Or, entre-temps, les rĂ©alitĂ©s Ă©conomiques ont dĂ©jĂ pu conduire au transfert du contrat de travail de ce dernier vers un autre employeur.Â
Auquel cas, contre qui le salariĂ© doit-il diriger son action : son nouvel employeur, son prĂ©cĂ©dent employeur, ou bien les deux ?Â
Préjudice d’anxiété né après un transfert d’entreprise : l’ancien employeur ne peut être mis en cause
Dans une affaire soumise à la Cour de cassation en avril 2025, plusieurs salariés sollicitaient une indemnisation de leur préjudice d’anxiété. Ces derniers ayant appris, courant 2011, qu’ils avaient été exposés à de la fibre d’amiante jusqu’en 1991.
Important
Les salariés avaient travaillé au sein d’une même entreprise de 1981 à 2013. Mais au cours de ces années, leur contrat de travail avait été transféré à deux reprises : une première fois le 1er septembre 1985, une seconde fois le 1er septembre 1988.
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