Un CSE peut-il agir en exécution d’un accord collectif dont il n'est pas signataire ?
Le CSE ne peut pas exiger en justice l’exĂ©cution d’un accord collectif dont il n’est ni partie, ni signataire, quand bien mĂŞme les dispositions litigieuses de l'accord ont une incidence sur son fonctionnement. Cette action est rĂ©servĂ©e aux organisations syndicales ayant conclu l’accord.Â
Action en exécution d’un accord collectif : règles de recevabilité
Un syndicat qui constate qu'une convention collective ou qu’un accord collectif n'est pas respectĂ© a qualitĂ© pour agir en justice afin d’obtenir l’exĂ©cution des engagements qui en dĂ©coulent.Â
Cette action peut ĂŞtre menĂ©e mĂŞme si le syndicat n’est pas signataire de l'accord, l'inapplication d'une convention ou d'un accord collectif causant nĂ©cessairement un prĂ©judice Ă l'intĂ©rĂŞt collectif de la profession.Â
Dans les entreprises de 50 salariĂ©s et plus, le CSE dispose de la personnalitĂ© juridique lui permettant d’agir en justice. Cette capacitĂ© est toutefois limitĂ©e aux actions visant la dĂ©fense de ses intĂ©rĂŞts propres.Â
Exemple
Le CSE peut agir pour obtenir des informations dans le cadre d’une procédure de consultation, pour contester la réduction unilatérale de son budget de fonctionnement par l’employeur ou encore pour demander l’annulation ou la régularisation d’élections irrégulières.
En revanche, puisque cela ne concerne pas ses intĂ©rĂŞts propres, un CSE ne peut pas exiger directement l’exĂ©cution d’un accord collectif auquel il n’est ni partie, ni signataire, mĂŞme si les dispositions de cet accord affectent concrètement son fonctionnement.Â
C’est ce qu’a rappelé la Cour de cassation.
Le CSE ne peut pas exiger l’application d’un accord collectif signé par des syndicats
Dans une affaire jugée le 3 septembre 2025, des sociétés et des syndicats représentatifs avaient signé un accord collectif relatif à la mise en place des CSE. Ce texte prévoyait, pour un des établissements, l’attribution de 2 locaux distincts.
À la suite du déménagement de l’établissement, l’employeur n’avait accordé qu’un seul local au CSE. Ce dernier a alors saisi le tribunal judiciaire afin d’obtenir l’exécution de l’accord.
En appel, les juges avaient déclaré l’action irrecevable, estimant que, comme le CSE n’était pas signataire de l’accord, il n’avait pas qualité pour en demander l’exécution. Analyse confirmée par la Cour de cassation.
Les juges ont en effet constaté que l’accord avait été signé entre l’employeur et les organisations syndicales représentatives : le CSE n’en n’était ni partie ni signataire. Ils en ont déduit que ce dernier ne pouvait pas intenter une action pour en exiger l’exécution, cette action étant exclusivement réservée aux organisations syndicales.
Les juges ont ajouté que le fait que les stipulations litigieuses concernent le fonctionnement concret du comité n’avait pas d’impact sur la décision : l’absence de qualité à agir demeure.
Si vous souhaitez plus d’informations quant au droit d’agir en justice du CSE, les Editions Tissot vous recommandent leur documentation « CSE ACTIV », et notamment la fiche « Engager une action en justice au nom du comité ».
Cour de cassation, chambre sociale, 3 septembre 2025, n° 24-10.734 (le CSE n'a pas qualité pour intenter une action visant à obtenir l'exécution d'un accord collectif dont il n'est ni partie ni signataire, quand bien même les dispositions de l'accord ont une incidence sur son fonctionnement)
Juriste et autrice en droit social
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