Burn-out en entreprise : quel rĂ´le pour le CSE ?

Selon de récentes études, 45 % des salariés en France sont en détresse psychologique, dont 13 % de manière sévère. Environ 3,2 millions d’actifs (12 % de la population active) présentent un risque élevé d’épuisement professionnel, et 31 % des salariés sont confrontés à un risque de burn-out. Dans ce contexte, quel rôle peut jouer le CSE pour prévenir ces risques ?
Qu’est-ce que le burn-out ?
Le burn-out est défini par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme un « syndrome résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été efficacement géré ».
La Haute Autorité de Santé (HAS), quant à elle, définit le burn-out comme un « syndrome d’épuisement professionnel lié à un stress chronique au travail, qui se manifeste par un épuisement physique, émotionnel et mental, souvent accompagné d’une perte de motivation et d’un sentiment d’inadéquation entre la personne et son poste ».
Il ne s’agit pas d’une maladie psychiatrique isolée ni d’une dépression, mais d’un trouble réactionnel lié à un environnement professionnel dégradé. L’INRS souligne l’origine multifactorielle du phénomène : surcharge, perte de sens, manque de reconnaissance, tensions hiérarchiques, déséquilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle.
Quelles sont les conséquences du burn-out pour les entreprises ?
Les conséquences du burn-out pour les entreprises sont très importantes.
Conséquences humaines et sociales :
- hausse de l’absentéisme et des arrêts de travail prolongés : selon une étude de Malakoff Humanis de 2023, près d’un arrêt de travail sur cinq pour raison de santé mentale est lié à un épuisement professionnel. Les arrêts pour causes psychologiques représentent 36 % des arrêts de travail (en cause : les cas de burn-out, dépression, stress). Les arrêts répétés désorganisent les équipes et alourdissent la charge de travail des collègues, créant un cercle vicieux ;
- turn-over accru et perte de compétences : on constate que les salariés en burn-out changent fréquemment d’emploi après leur convalescence. Cela entraîne une fuite des talents et une perte d’expertise dans les entreprises ;
- détérioration du climat social : bien souvent le mal-être n’est pas isolé. Il peut engendrer une défiance envers les managers, générant ainsi des tensions, voire des conflits et un sentiment d’insécurité psychologique.
ConsĂ©quences organisationnelles :Â
- baisse de productivité et de performance : un salarié en épuisement est moins concentré, moins créatif et plus enclin à l’erreur ;
- désengagement et perte de sens : le burn-out est souvent le signe d’un décalage entre les valeurs du salarié et celles de l’entreprise dans laquelle il travaille ;
- dégradation de la marque employeur : les entreprises identifiées comme étant « à risques » ont du mal à recruter et fidéliser les salariés.
Conséquences économiques. Les coûts liés au burn-out sont difficilement mesurables mais vont être liés :
- aux arrêts maladies (indemnités journalières, complément de salaire) ;
- au recrutement et à la formation des remplaçants ;
- à la perte de productivité.
Il est donc indispensable d’instaurer une politique de prĂ©vention dans l’entreprise afin de limiter les risques de burn-out.Â
Rappel
ConformĂ©ment Ă l’article L. 4121-1 du Code du travail, l’employeur doit prendre « les mesures nĂ©cessaires » pour assurer la sĂ©curitĂ© et protĂ©ger la santĂ© physique et mentale des travailleurs. De nombreuses dĂ©cisions de justice rappellent la responsabilitĂ© de l’employeur lorsque l’organisation du travail favorise l’épuisement des salariĂ©s.Â
Quel rĂ´le pour le CSE ?
Le comité social et économique est un acteur central et concret de la prévention. En effet, les élus :
doivent notamment être associés à l’analyse des risques professionnels et à la mise à jour du document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) ;
peuvent diligenter des enquêtes lorsque des situations de mal-être au travail sont portées à leur connaissance ;
doivent être force de proposition et d’accompagnement, notamment en proposant des actions de prévention collective et en réclamant l'intervention d’experts.
Le CSE est un véritable pont entre la réalité du terrain et les décisions managériales. En s’appuyant sur des données concrètes, son rôle est de favoriser le dialogue social avec l’employeur afin d’aider ce dernier à mettre en place toutes les mesures permettant de diminuer les risques de burn-out au travail.
Pour aller plus loin, visionnez notre webinaire dédié au burn-out : une session pratique pour comprendre concrètement ses mécanismes, repérer les signaux d’alerte et identifier les profils les plus exposés. Vous repartirez avec des outils concrets pour agir efficacement sur le terrain.
Baromètre T14, Empreinte Humaine – Opinion Way, mars 2025
Enquête Unobravo, L’impact psychologique du burn-out en France, 27 juin 2025
Étude Technologia Groupe, Le syndrome d’épuisement, une maladie professionnelleÂ
Juriste, formatrice et fondatrice de Clé des CSE
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