Burn-out en entreprise : quel rĂ´le pour le CSE ?

Publié le 21/11/2025 à 11:22
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Temps de lecture : 4 min

Selon de récentes études, 45 % des salariés en France sont en détresse psychologique, dont 13 % de manière sévère. Environ 3,2 millions d’actifs (12 % de la population active) présentent un risque élevé d’épuisement professionnel, et 31 % des salariés sont confrontés à un risque de burn-out. Dans ce contexte, quel rôle peut jouer le CSE pour prévenir ces risques ?

Qu’est-ce que le burn-out ?

Le burn-out est défini par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme un « syndrome résultant d’un stress chronique au travail qui n’a pas été efficacement géré ».

La Haute Autorité de Santé (HAS), quant à elle, définit le burn-out comme un « syndrome d’épuisement professionnel lié à un stress chronique au travail, qui se manifeste par un épuisement physique, émotionnel et mental, souvent accompagné d’une perte de motivation et d’un sentiment d’inadéquation entre la personne et son poste ».

Il ne s’agit pas d’une maladie psychiatrique isolée ni d’une dépression, mais d’un trouble réactionnel lié à un environnement professionnel dégradé. L’INRS souligne l’origine multifactorielle du phénomène : surcharge, perte de sens, manque de reconnaissance, tensions hiérarchiques, déséquilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle.

Quelles sont les conséquences du burn-out pour les entreprises ?

Les conséquences du burn-out pour les entreprises sont très importantes.

Conséquences humaines et sociales :

  • hausse de l’absentĂ©isme et des arrĂŞts de travail prolongĂ©s : selon une Ă©tude de Malakoff Humanis de 2023, près d’un arrĂŞt de travail sur cinq pour raison de santĂ© mentale est liĂ© Ă  un Ă©puisement professionnel. Les arrĂŞts pour causes psychologiques reprĂ©sentent 36 % des arrĂŞts de travail (en cause : les cas de burn-out, dĂ©pression, stress). Les arrĂŞts rĂ©pĂ©tĂ©s dĂ©sorganisent les Ă©quipes et alourdissent la charge de travail des collègues, crĂ©ant un cercle vicieux ;
  • turn-over accru et perte de compĂ©tences : on constate que les salariĂ©s en burn-out changent frĂ©quemment d’emploi après leur convalescence. Cela entraĂ®ne une fuite des talents et une perte d’expertise dans les entreprises ;
  • dĂ©tĂ©rioration du climat social : bien souvent le mal-ĂŞtre n’est pas isolĂ©. Il peut engendrer une dĂ©fiance envers les managers, gĂ©nĂ©rant ainsi des tensions, voire des conflits et un sentiment d’insĂ©curitĂ© psychologique.

Conséquences organisationnelles : 

  • baisse de productivitĂ© et de performance : un salariĂ© en Ă©puisement est moins concentrĂ©, moins crĂ©atif et plus enclin Ă  l’erreur ;
  • dĂ©sengagement et perte de sens : le burn-out est souvent le signe d’un dĂ©calage entre les valeurs du salariĂ© et celles de l’entreprise dans laquelle il travaille ;
  • dĂ©gradation de la marque employeur : les entreprises identifiĂ©es comme Ă©tant « à risques » ont du mal Ă  recruter et fidĂ©liser les salariĂ©s.

Conséquences économiques. Les coûts liés au burn-out sont difficilement mesurables mais vont être liés :

  • aux arrĂŞts maladies (indemnitĂ©s journalières, complĂ©ment de salaire) ;
  • au recrutement et Ă  la formation des remplaçants ;
  • Ă  la perte de productivitĂ©.

Il est donc indispensable d’instaurer une politique de prévention dans l’entreprise afin de limiter les risques de burn-out. 

Rappel

Conformément à l’article L. 4121-1 du Code du travail, l’employeur doit prendre « les mesures nécessaires » pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs. De nombreuses décisions de justice rappellent la responsabilité de l’employeur lorsque l’organisation du travail favorise l’épuisement des salariés. 

Quel rĂ´le pour le CSE ?

Le comité social et économique est un acteur central et concret de la prévention. En effet, les élus :

  • doivent notamment ĂŞtre associĂ©s Ă  l’analyse des risques professionnels et Ă  la mise Ă  jour du document unique d'Ă©valuation des risques professionnels (DUERP) ;

  • peuvent diligenter des enquĂŞtes lorsque des situations de mal-ĂŞtre au travail sont portĂ©es Ă  leur connaissance ;

  • doivent ĂŞtre force de proposition et d’accompagnement, notamment en proposant des actions de prĂ©vention collective et en rĂ©clamant l'intervention d’experts.

Le CSE est un véritable pont entre la réalité du terrain et les décisions managériales. En s’appuyant sur des données concrètes, son rôle est de favoriser le dialogue social avec l’employeur afin d’aider ce dernier à mettre en place toutes les mesures permettant de diminuer les risques de burn-out au travail.

Pour aller plus loin, visionnez notre webinaire dédié au burn-out : une session pratique pour comprendre concrètement ses mécanismes, repérer les signaux d’alerte et identifier les profils les plus exposés. Vous repartirez avec des outils concrets pour agir efficacement sur le terrain.


Baromètre T14, Empreinte Humaine – Opinion Way, mars 2025
Enquête Unobravo, L’impact psychologique du burn-out en France, 27 juin 2025
Étude Technologia Groupe, Le syndrome d’épuisement, une maladie professionnelle 

Caroline Crauste de Feraudy

Juriste, formatrice et fondatrice de Clé des CSE

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