Retrait du permis de conduire d’un élu chauffeur routier : quid de son salaire durant la procédure de licenciement ?

Publié le 22/01/2010 à 00:00·Modifié le 11/07/2017 à 18:19
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Temps de lecture : 3 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

Le retrait du permis de conduire d’un chauffeur routier pendant plusieurs mois peut justifier son licenciement. Lorsque le salarié en cause est un représentant du personnel, l’employeur est tenu de le conserver dans l’entreprise et de le rémunérer jusqu’à l’obtention de l’autorisation de licenciement, même s’il ne peut plus exécuter son contrat.

Les faits : au cours d’un déplacement privé, un chauffeur routier, par ailleurs élu au CE, est arrêté pour conduite en état d’ivresse. Son permis de conduire est suspendu 6 mois. Sitôt après en avoir informé son employeur, ce dernier engage une procédure de licenciement à l’encontre du salarié.

L’inspecteur du travail interdit le licenciement, invoquant la convention de branche des transports routiers, qui prévoit l’obligation pour l’employeur de trouver un poste de reclassement au routier temporairement privé de permis.

L’employeur affecte alors le salariĂ© Ă  un poste de manutentionnaire. 

Le salarié saisit le conseil de prud’hommes d’une demande en rappel de salaires, correspondant aux mois non payés pendant la procédure de licenciement.

Ce qu’en disent les juges : la question Ă  trancher Ă©tait la suivante : lorsque la voiture est un instrument de travail indispensable, quel sort rĂ©server au salariĂ© Ă©galement reprĂ©sentant du personnel qui, pour une faute commise dans le cadre de la sphère privĂ©e, se voit retirer son permis de conduire pour 6 mois ? 

Réponse de la Cour de cassation : « En cas de suspension du permis de conduire, l’employeur est tenu, non seulement de conserver le salarié protégé dans l’entreprise, mais aussi de le rémunérer jusqu’à l’obtention de l’autorisation de licenciement délivrée par l’inspecteur du travail ».

Ainsi, mĂŞme si le salariĂ© ne peut plus honorer ses obligations contractuelles, puisque privĂ© de son permis de conduire, il doit toucher son salaire pendant tout le temps de la procĂ©dure de licenciement. L’employeur ne pouvait pas considĂ©rer que le contrat de travail de ce salariĂ© protĂ©gĂ© Ă©tait suspendu, et ainsi suspendre le paiement de son salaire. 

Dans cette affaire, la Cour de cassation a fait prévaloir le statut protecteur, en imposant à l’employeur non seulement de conserver le salarié dans l’entreprise, mais encore de le rémunérer jusqu’à l’obtention de l’autorisation administrative de licenciement.

On notera que normalement, l’employeur n’est pas tenu de proposer au salarié immobilisé une solution de remplacement. Il n’en va autrement que si la convention collective le prévoit, ce qui est le cas de la convention collective des transports routiers.

Par ailleurs, il faut savoir que le licenciement prononcé en raison du retrait du permis de conduire n’est pas privatif de l’indemnité de préavis.


(Cour de cassation, chambre sociale, 2 décembre 2009, n° 08–43466 : lorsque le licenciement d’un représentant du personnel est rendu nécessaire en raison du retrait de son permis de conduire, l’employeur doit maintenir le salaire de l’élu en attendant l’autorisation administrative de licenciement)


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Vous y trouverez notamment la réponse aux questions suivantes :

  • amende pour excès de vitesse : l’employeur peut-il en rĂ©cupĂ©rer le montant en procĂ©dant Ă  une retenue sur salaire ?
  • Un employeur a-t-il le droit de diminuer le salaire de ses salariĂ©s ?
  • L’ordre des dĂ©parts en congĂ©s peut-il ĂŞtre imposĂ© aux salariĂ©s ?


De quoi vous aider utilement dans votre rôle de représentant du personnel !


Article publié le 22 janvier 2010

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