Lorsque l’employeur néglige la négociation annuelle sur les salaires…

Publié le 30/01/2009 à 00:00·Modifié le 11/07/2017 à 18:19
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Temps de lecture : 2 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

L’employeur qui n’a pas pris l’initiative de négocier sur les salaires effectifs peut parfois être contraint d’indemniser les salariés.
Les faits : Jusqu’en 1995, un employeur a versé une prime en application d’un engagement unilatéral. Suite à la dénonciation de cet engagement, un accord collectif a été conclu pour maintenir le bénéfice de la prime, tout en prévoyant que son montant serait fixé chaque année dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire sur les salaires effectifs. Or, par la suite, l’employeur n’a jamais engagé de négociation à ce sujet, de sorte que la prime n’a plus été versée à compter de 1996.

Un salarié intente une action en justice pour que lui soit versée une indemnité équivalant aux primes qui auraient dû être versées chaque année. Il obtient gain de cause.

Ce qu’en disent les juges : Les juges ont estimé qu’en ne prenant pas l’initiative de la négociation annuelle, l’employeur a privé ce salarié d’une chance d’obtenir la gratification prévue par l’accord collectif de 1995. Conséquence : ils ont condamné l’employeur à lui verser une indemnité équivalant aux primes qui auraient dû être versées chaque année.
Ils ont considéré que l’attentisme de l’employeur violait directement l’engagement qu’il avait pris dans le cadre d’un accord collectif et privait les salariés d’une gratification à laquelle ils auraient théoriquement pu prétendre.

Il faut rappeler que dans toute entreprise dotée d’une ou de plusieurs sections de syndicats représentatifs, des négociations doivent s’engager chaque année sur un certain nombre de sujets, dont les salaires effectifs.

Que peut-il se passer si l’employeur néglige cette obligation et s’abstient de convoquer les organisations syndicales représentatives à la négociation ?
  • En cas de carence de l’employeur dans les 12 mois suivant la prĂ©cĂ©dente nĂ©gociation, les syndicats peuvent prendre l’initiative et demander Ă  ĂŞtre convoquĂ©s. Ils ont la possibilitĂ© de saisir le juge des rĂ©fĂ©rĂ©s pour que celui-ci ordonne la tenue des nĂ©gociations, si l’employeur reste inactif ;
  • L’employeur qui n’engage pas les nĂ©gociations s’expose Ă  des sanctions pĂ©nales ;
  • Enfin, la loi en faveur des revenus du travail, adoptĂ©e le 27 novembre 2008 et applicable Ă  compter de 2009, prĂ©voit qu’en l’absence de nĂ©gociation sur les salaires une annĂ©e donnĂ©e, l’entreprise s’expose Ă  une rĂ©duction de 10 % du montant de certains allĂ©gements de cotisations au titre des salaires versĂ©s l’annĂ©e en question. Ces rĂ©ductions de cotisations peuvent ĂŞtre supprimĂ©es si l’entreprise persiste Ă  ne pas nĂ©gocier sur les salaires pendant 3 annĂ©es consĂ©cutives.


(Cassation sociale, 13 novembre 2008, n° 07–44874)

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