Négociation collective : le pouvoir d’achat reste au coeur des discussions

Publié le 06/02/2026 à 12:14
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Temps de lecture : 4 min

En décembre 2025, le ministère du Travail a publié son bilan annuel sur la négociation collective pour 2024. Dans un contexte économique toujours marqué par l’inflation, le dialogue social reste un levier central de régulation. Le bilan confirme la vitalité des accords conclus, et une stabilisation des thématiques abordées, largement dominées par les enjeux de rémunération.

Un nombre d’accords toujours élevé

En 2024, plus de 60 000 accords collectifs ont été conclus, tous niveaux confondus (interprofessionnel, branches et entreprises). 

Bien que ce nombre soit légèrement inférieur à celui observé en 2023, il demeure nettement supérieur aux niveaux observés avant la crise sanitaire, signe que la négociation s’est durablement installée dans le paysage social et le fonctionnement des entreprises.

C’est toujours au niveau de l’entreprise que la négociation reste prédominante et concentre l’essentiel des accords signés, en particulier dans les entreprises de 50 salariés et plus.

Bon Ă  savoir

La France conserve un taux de couverture conventionnelle élevé, supérieur à 95 % des salariés du secteur privé. Ce résultat s’explique par le rôle structurant des conventions collectives et accords de branche, qui continuent de fixer les règles de base en matière de classification, de salaires minima et de conditions de travail.

La rémunération, thème central de l’année 2024

Comme les années précédentes, les salaires constituent de loin le premier thème de négociation, tant au niveau des branches que des entreprises.

En 2024, la quasi-totalité des branches ont engagé des négociations salariales, souvent à plusieurs reprises. Les discussions ont principalement porté sur la revalorisation des minima conventionnels, sur la mise en conformité avec le SMIC ou encore sur des augmentations générales ou ciblées.

Notez le

Si les revalorisations demeurent fréquentes, leur ampleur est plus contenue qu’en 2022 et 2023. Le ministère du Travail relève une tendance à la modération salariale, liée à la stabilisation progressive de l’inflation et aux contraintes économiques de certaines branches. Pour autant, un nombre significatif de secteurs a procédé à des ajustements afin d’éviter le tassement des grilles salariales.

Le temps de travail et l’organisation du travail : ajustements plus que révolution

Les accords portant sur le temps de travail et son organisation restent nombreux, mais leur volume est stable. Ces textes concernent principalement l’aménagement du temps de travail, le recours aux forfaits et l’organisation du travail hybride.

Ils visent davantage à ajuster les dispositifs existants qu’à les transformer en profondeur. 

L’épargne salariale et la protection sociale

Les dispositifs d’épargne salariale comme l’intéressement ou la participation continuent de se développer, en particulier dans les PME, encouragés par un cadre fiscal et social incitatif.

En revanche, les accords relatifs à la protection sociale complémentaire et à la qualité de vie au travail connaissent une relative stabilité.

Une négociation contrastée selon la taille des entreprises

Le bilan du ministère du Travail révèle des écarts importants selon la taille des entreprises : 

  • les grandes entreprises restent les plus actives, avec des nĂ©gociations structurĂ©es et rĂ©gulières ;
  • les PME confirment leur montĂ©e en puissance dans le dialogue social ;
  • dans les très petites entreprises, la nĂ©gociation reste souvent absente et remplacĂ©e par des dĂ©cisions unilatĂ©rales de l’employeur.

Ce qu’il faut retenir pour les entreprises

Le bilan 2024 confirme que la négociation collective reste un outil central de gestion sociale, même dans un contexte économique plus tendu.

Pour les employeurs, plusieurs enseignements se dégagent :

  • anticiper les nĂ©gociations salariales reste plus que jamais indispensable ;
  • la branche, en ce qu’elle fixe un cadre, conserve un rĂ´le structurant, mais laisse une marge de manĹ“uvre aux entreprises pour s’adapter ;
  • les discussions restent très focalisĂ©es sur le pouvoir d’achat, au dĂ©triment d’autres sujets pourtant stratĂ©giques pour l’avenir.

La dynamique observée en 2024 devrait se poursuivre en 2025 et 2026, avec un équilibre toujours délicat à trouver entre la compétitivité économique des entreprises et les attentes (notamment salariales) des travailleurs.

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Bilan de la négociation collective en 2024 présenté aux membres de la Commission nationale de la négociation collective, communiqué du ministère du Travail, 19 décembre 2025

Auteur Maylis Rio Lachaud
Maylis Rio Lachaud

Juriste et autrice en droit social

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