L’actualité sociale de la semaine : rupture anticipée du congé parental, inaptitude et recherche de reclassement
Attention
La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.
Cette semaine, nous faisons le point sur une décision du Défenseur des droits demandant la révision du Code du travail, afin que soit intégrée la possibilité d’interrompre son congé parental pour bénéficier d'un congé de maternité. Nous revenons ensuite sur un arrêt rendu par la Cour de cassation concernant l'inaptitude et l'obligation de reclassement à la charge de l'employeur.
Rupture anticipée du congé parental : quand la salariée veut prendre un congé maternité
Le Code du travail prévoit 2 cas de rupture anticipée du congé parental pour lesquels l'accord de l'employeur n’est pas nécessaire : le décès de l'enfant ou une diminution importante des ressources du foyer.
Dans ces situations, le salarié a le droit de reprendre son activité initiale ou :
- d'exercer son activité à temps partiel (s'il bénéficiait d'un congé parental d'éducation total) ;
- de modifier sa durée du travail (s'il travaillait à temps partiel pour élever son enfant).
En dehors de ces situations, la rupture anticipĂ©e du congĂ© parental nĂ©cessite l'accord de l'employeur. Le Code du travail ne prĂ©voit pas que le congĂ© de maternitĂ© ouvre droit Ă une rupture anticipĂ©e du congĂ© parental. Certains employeurs fondent ainsi leur refus sur cette absence de disposition dans le Code du travail.Â
Le Défenseur des droits, saisi de plusieurs réclamations à ce sujet, réitère sa demande auprès du ministère du Travail de réviser l’article du Code du travail afin que soit intégré la supériorité du congé maternité. Ainsi, les femmes enceintes en congé parental pourraient le rompre au profit du congé maternité sans difficulté.
Le droit français assurerait, de ce fait, sa conformité avec le droit européen. En 2007, en effet, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a consacré le droit pour toute salariée enceinte durant une période de congé parental d'obtenir l'interruption prématurée de ce congé afin de bénéficier d'un congé de maternité, ainsi que des prestations en espèces qui s'y attachent et du maintien de salaire s’il est prévu par la convention collective.
Pour la CJUE, le congĂ© maternitĂ© est un droit qui est garanti Ă toutes les travailleuses, qualitĂ© que ces dernières ne perdent pas pendant leur congĂ© parental.Â
Sources : DĂ©fenseur des droits, dĂ©cision n° 2024-048, 4 avril 2024, dĂ©cision n° 2019-183 du 24 octobre 2019Â
CJCE, 20 septembre 2007, aff. C-116/06, Kiiski c/ Tampereen Kaupunki
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