La prévention, ça coûte cher

Les entreprises mettent souvent en avant le coût de la prévention comme un frein.
Certes, des investissements conduisant à modifier une ligne de production ou à renouveler des engins de levage, par exemple, représentent un coût conséquent.
Mais le fait que la prévention coûte cher est quadruplement faux.
Primo, une démarche de prévention peut être peu coûteuse, par exemple lorsqu’il s’agit d’un travail sur l’organisation ou d’actions de sensibilisation.
Secundo, il est possible de réduire le coût des investissements les plus lourds.
Ainsi, en cas d’investissement matériel, l’intégration de la prévention dès la conception est moins coûteuse que de modifier des aménagements après coup. En outre, il est possible de se renseigner auprès de la CARSAT ou de l’OPPBTP sur les aides disponibles pour financer une démarche de prévention.
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Tertio, ce qui coûte le plus cher, c’est l’absence de prévention.
Par exemple, un syndrome du canal carpien avec un taux d’incapacité permanente de 9 % est répercuté dans les cotisations AT/MP à hauteur de 12 000 € sur 3 ans (Carsat Alsace-Moselle, 2010).
En plus de l’incidence sur le taux de cotisation AT/MP, un accident du travail coûte cher : désorganisation liée à l’accident, prestations en nature à la charge de l’entreprise (frais d’hospitalisation, pharmaceutiques, …), possible indemnisation supplémentaire du salarié en cas de faute caractérisée de l’employeur, etc.
Il faut ajouter à cela les coûts indirects : financement des aménagements de poste, coût du remplacement d’un salarié absent, perte de compétences, baisse de la productivité et de la qualité du travail, etc. On estime que les coûts indirects sont 3 fois plus élevés que les coûts directs.
Quarto, plusieurs études montrent que l’investissement en prévention est rentable.
En 2014, l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA) a mis en évidence que sur 13 interventions étudiées, 11 ont eu un retour sur investissement positif en moins de 5 ans.
Une démarche de prévention permet même des gains, notamment en productivité. L’OPPBTP a réalisé, en 2016, un retour d’expérience sur 250 cas. Le délai de retour sur investissement moyen était de 1,3 an et le rendement global de 2,34 € pour 1 € investi en prévention.
Pour que la prévention soit la plus rentable possible, il est important de s’appuyer sur l’évaluation des risques professionnels et l’analyse des données et de retenir ces deux enseignements de l’EU-OSHA :
- les interventions globales sont plus bénéfiques que celles qui ciblent un problème spécifique au secteur d’activité de l’entreprise ;
- les interventions qui permettent la participation des travailleurs s’avèrent plus rentables.

EU-OSHA, Rentabilité de la santé et de la sécurité au travail : analyses coût-bénéfice d’interventions réalisées dans des petites et moyennes entreprises, 2014
OPPBTP, Prévention et performance : une approche économique de la prévention, juin 2016
Chargé de mission qualité de vie au travail
Chargé de mission qualité de vie au travail, j'oeuvre sur différents sujets relevant de ce domaine : prévention et évaluation des risques psychosociaux, prise en compte de la qualité de vie au …
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