Protection contre les discriminations syndicales : les mandats ne doivent pas être mentionnés lors de l’évaluation professionnelle
Temps de lecture : 2 min
Attention
La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.
Pour protéger les titulaires de mandats électifs ou syndicaux, le droit du travail veille à ce qu’ils ne subissent pas de discriminations, notamment lors de l’évaluation professionnelle. En cas de litige, un contrôle est exercé par les magistrats.
Pas de référence aux mandats exercés dans l’évaluation professionnelle
Selon une jurisprudence constante, l’exercice d’une activité syndicale ne peut être pris en considération dans l’évaluation professionnelle d’un salarié. Ainsi, l’évaluation ne peut se fonder que sur des données d’ordre professionnel telles que la réalisation des objectifs correspondant au poste occupé. La simple mention dans un compte-rendu d’entretien d’évaluation des mandats exercés par l’intéressé suffit à laisser supposer l’existence d’une discrimination, directe ou indirecte.
Une exception : l’exercice d’un mandat électif ou syndical peut être soulevé lorsqu’un accord collectif vise à en assurer la neutralité ou à le valoriser. On ne saurait donc que trop conseiller aux partenaires sociaux de définir par accord les modalités d’évaluation des représentants du personnel.
A défaut d’un tel accord, gare aux discriminations !
En matière de discriminations, une charge de la preuve allégée
La protection des titulaires de mandats électifs et syndicaux passe par l’aménagement du régime de la preuve propre aux discriminations. Lors d’un contentieux, la preuve de la discrimination est facilitée, en étant partagée entre les deux parties.
Il appartient au salarié qui s’estime victime d’une discrimination syndicale de présenter des éléments de fait laissant supposer l’existence d’une discrimination (par exemple : la mention des mandats dans le compte-rendu d’évaluation). Au vu de ces éléments, c’est à l’employeur de démontrer que sa décision était justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. Le juge forme alors sa conviction au vu de ces éléments, au besoin en ordonnant des mesures d’instruction.
Cour de cassation, 12 juillet 2022, n° 20-23.290 (sauf application d'un accord collectif visant à en assurer la neutralité ou à le valoriser, l'exercice d'activités syndicales ne peut être pris en considération dans l'évaluation professionnelle d'un salarié)
- Élections municipales : les salariés candidats et élus sont-ils protégés au même titre que les représentants du personnel ?Publié le 5 mars 2026
- Un représentant du personnel mis en place par accord collectif est-il toujours protégé ?Publié le 20 février 2026
- Comité de groupe : le représentant syndical bénéficie bien du statut protecteurPublié le 22 janvier 2026
- L’employeur doit-il obtenir l’accord préalable de l’Inspection du travail pour appliquer la clause de mobilité d’un élu CSE ?Publié le 14 novembre 2025
- Quelle réparation peut obtenir un salarié privé d’une promotion à la suite d’une discrimination syndicale ?Publié le 17 octobre 2025

