CSE : Ai-je le droit à une protection spéciale contre le licenciement en tant que candidat non élu aux élections professionnelles ?
Protection spéciale contre le licenciement : rappels
Certains salariés bénéficient, en vertu de leur mandat ou de la singularité de leur situation, d’une protection spéciale contre le licenciement.
De ce fait, si l’employeur envisage une telle mesure à leur encontre, il devra suivre une procédure de rupture approfondie.
Ce qui signifie, concrètement, qu’il devra, tout en respectant les étapes communément applicables à la procédure de licenciement :
recueillir, dans certains hypothèses, l’avis du comité social et économique (CSE) ;
solliciter, en toutes circonstances, une autorisation de licenciement auprès de l’Inspection du travail.
La demande d’autorisation de licenciement à l’Inspection du travail doit être transmise par l’employeur après l’entretien préalable ou, le cas échéant, après la consultation du CSE.
Pour notifier une décision favorable, l’administration du travail devra constater :
la régularité de la procédure de licenciement ;
la validité du motif de licenciement ;
l’absence de lien entre la mesure de licenciement et le mandat ;
l’absence de motif d’intérêt général.
Protection spéciale contre le licenciement : accordée aux salariés candidats non élus
Oui, les candidats non élus aux élections professionnelles bénéficient de cette protection.
La délivrance d’une autorisation de licenciement par l’Inspection du travail constitue dès lors une étape indispensable.
Important
En revanche, l’employeur n’a plus l’obligation de consulter le CSE lorsqu’il envisage de licencier un candidat aux élections professionnelles. C’est ce qu’a précisé le Conseil d’Etat dans avis rendu le 16 mai 2025.
La protection spéciale contre le licenciement s’applique quels que soient le tour auquel votre candidature est présentée et les fonctions auxquelles vous aspirez (titulaire ou suppléant). Il en va également ainsi en cas de retrait de votre candidature ou d’annulation des élections.
Toutefois, pour pouvoir vous prévaloir de cette protection, il faut que votre candidature :
soit présentée postérieurement à la signature du protocole d’accord préélectoral (PAP) ;
soit présentée avant l’envoi, par l’employeur, de votre courrier de convocation à un entretien préalable au licenciement ;
ne soit pas frauduleuse, c’est-à -dire présentée dans le seul but de bénéficier de ce statut protecteur.
Bon Ă savoir
Cette protection joue également lorsque vous prouvez que l'employeur a eu connaissance de l'imminence de votre candidature avant votre convocation à l'entretien préalable au licenciement. Dans ce cas, le caractère imminent de la candidature n'est pas subordonné à la conclusion préalable d'un protocole préélectoral.
La durée de la protection est alors fixée à 6 mois et débutera à compter de la date d'envoi de votre candidature à l'employeur par lettre recommandée (Code du travail, art. L. 2411-7).
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Juriste en droit social
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