Métallurgie : peut-on prévoir une période d’essai pour un CDI qui suit un CDD ?

Publié le 19/11/2025 à 09:39
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Temps de lecture : 4 min

La période d’essai permet d’apprécier les compétences professionnelles de la personne recrutée. Mais si vous avez pu évaluer ses aptitudes lors d’une précédente relation de travail en CDD, est-il possible de prévoir une période d’essai dans le cadre d’un CDI conclu avec le même salarié ?

Période d’essai dans la métallurgie : définition

La période d'essai, effectuée par le salarié au début de l'exécution d'un contrat de travail, est définie comme une période de test réciproque :

  • permettant Ă  l'entreprise de vĂ©rifier les aptitudes du salariĂ© Ă  occuper le poste pour lequel il a Ă©tĂ© recrutĂ© ;

  • et au salariĂ© d'apprĂ©cier si les conditions de travail correspondent bien Ă  ses attentes. 

La période d'essai n’étant imposée ni par le Code du travail, ni par la convention de branche de la métallurgie, elle ne se présume pas. Une clause du contrat de travail doit prévoir expressément sa mise en place.

Attention

La seule référence à l’accord collectif qui prévoirait une période d’essai n’est pas suffisante pour établir la preuve que cette période a été convenue entre les parties.

En application de la convention collective nationale de la métallurgie, la durée maximale de la période d'essai initiale d’un CDI, hors renouvellement, est fixée au plus à :

  • 2 mois calendaires pour les groupes d'emplois A, B et C ;

  • 3 mois calendaires pour les groupes d'emplois D et E ;

  • 4 mois calendaires pour les groupes d'emplois F, G, H et I.

La convention collective prévoit que la période d'essai se décompte en mois calendaires. Ainsi, attention, lorsque la période d'essai prend fin un jour non travaillé (dimanche par exemple), celle-ci prend bien fin ce jour-là et non le jour travaillé suivant. Il convient d’être particulièrement vigilant, car si l’employeur dépasse le terme de la période d’essai pour rompre le contrat, la rupture sera requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse.

Notez le

Les éventuelles périodes de suspension du contrat de travail survenant pendant la période d'essai prolongent celle-ci d'une durée identique à ces périodes.

Période d’essai dans la métallurgie : la prise en compte des contrats précédents

Lorsque le salarié est embauché dans le cadre d’un CDI à l’issue d’un CDD ou d’un contrat de travail temporaire, alors le nouveau contrat peut, sous conditions, comporter une période d’essai.

Si le salarié est embauché sur un poste différent, en termes de qualités et de compétences requises, que le précédent poste occupé en CDD, l’employeur peut prévoir une nouvelle période d’essai sans tenir compte de ce précédent contrat.

En revanche, si le salarié est embauché sur le même poste que celui qu’il occupait, à l’issue de son CDD, le Code du travail prévoit qu’il est possible de prévoir une période d’essai, mais qui sera raccourcie de la durée du précédent contrat. Le salarié pourra donc n’être soumis à aucune période d’essai si la durée de ses précédentes périodes d’embauche est égale ou supérieure à la durée d’essai applicable.

Exemple

Un salarié est embauché en contrat à durée indéterminée avec une période d’essai de 3 mois. Cette embauche fait suite à un contrat à durée déterminée de 2 mois. La période d’essai du contrat à durée indéterminée ne pourra donc pas dépasser 1 mois.

La convention collective de la métallurgie est plus favorable au salarié que le Code du travail et affirme que sont déduites de la durée de la période d'essai du salarié en CDI, les périodes de travail dans l'entreprise effectuées, dans le même emploi, au cours des 6 derniers mois précédant l'embauche, au titre d'un CDD conclu avec la même entreprise ou d'un contrat de travail temporaire (CTT).

Notez le

Les périodes pendant lesquelles l'employeur a eu l'occasion d'apprécier les aptitudes professionnelles d’un salarié lors de précédentes relations de travail, incluant l'auto-entrepreneuriat, doivent être déduites de la de la durée de la période d’essai du CDI.

Pour le cas particulier des contrats d’apprentissage, il convient de distinguer deux situations : 

  • lorsque le contrat d'apprentissage est suivi immĂ©diatement de la signature d'un CDI, d'un CDD ou d'un CTT dans la mĂŞme entreprise, aucune pĂ©riode d'essai ne peut ĂŞtre imposĂ©e ; 

  • lorsque le contrat d'apprentissage est suivi de la signature d'un CDI, d'un CDD ou d'un CTT dans la mĂŞme entreprise, une pĂ©riode d'essai peut ĂŞtre prĂ©vue lorsque le contenu de l'emploi ne correspond pas aux activitĂ©s professionnelles qui avaient Ă©tĂ© confiĂ©es au titulaire du contrat d'apprentissage. Toutefois, dans ce cas, cette pĂ©riode d'essai n'est pas renouvelable.

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Tiphaine Mollier

Juriste en droit social et rédactrice au sein des Editions Tissot

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