Sexisme au travail : le HCE appelle Ă renforcer les obligations des employeurs

Dans son rapport annuel 2026, le Haut Conseil Ă l’EgalitĂ© entre les femmes et les hommes (HCE) dresse un constat inquiĂ©tant sur l’état des lieux du sexisme en France, notamment avec l’émergence des mouvements masculinistes. Un flĂ©au qui persiste, notamment au travail. A ce titre plusieurs recommandations Ă destination des entreprises sont formulĂ©es.Â
Sexisme : un constat alarmant Ă tous les niveaux et dans le monde du travail
ChargĂ© depuis 2019 de remettre annuellement au Gouvernement un rapport sur l’état du sexisme en France, le Haut Conseil Ă l’EgalitĂ© entre les femmes et les hommes dresse un constat inquiĂ©tant de l’évolution du sexisme et de la situation.Â
Bon Ă savoir
Les agissements sexistes se caractérisent notamment par le fait d’avoir pour objet ou pour effet de porter atteinte à la dignité de la personne ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant en fonction du sexe.
Il ressort du rapport que les inĂ©galitĂ©s entre les sexes sont perçues diffĂ©remment selon les espaces sociaux et le genre.Â
Pour les femmes, le monde du travail est le lieu oĂą les inĂ©galitĂ©s sont les plus marquĂ©es, devant la rue et les transports. A contrario, les hommes dĂ©signent en premier l’espace public.Â
Plus Ă©difiant encore, près de la moitiĂ© des femmes dĂ©clarent avoir Ă©tĂ© confrontĂ©es Ă des discriminations en raison du sexe au travail. Par ailleurs, pour 72 % de la population, les femmes seraient moins bien traitĂ©es que les hommes de manière gĂ©nĂ©rale.Â
Le Haut Conseil Ă l’EgalitĂ© relève la persistance de mĂ©canismes structurels d’inĂ©galitĂ©s. Sont identifiĂ©s :Â
- le écarts de rémunération ;
- la sous-représentation dans les postes à responsabilité ;
- et les obstacles Ă l’évolution professionnelle traduisent la persistance de mĂ©canismes structurels d’inĂ©galitĂ©s.Â
Notez le
Dans le secteur privĂ©, les femmes gagnent en moyenne 22 % de moins que les hommes. Par ailleurs, Ă temps de travail et postes Ă©gaux ces Ă©carts atteignent 4 %.Â
78 % des répondants considèrent que les hommes doivent assurer la responsabilité financière de la famille, et les femmes sont majoritairement associées à la sphère domestique et aux rôles parentaux.
En outre :
- 68 % des personnes interrogées estiment qu’il est normal que les femmes interrompent plus longtemps leur activité professionnelle après la naissance d’un enfant ;
- et 40 % jugent qu’elles devraient cesser de travailler pour s’occuper des enfants.Â
Sexime : les recommandations clés du HCE pour les employeurs
26 recommandations sont formulées dans le rapport. Deux d’entre elles concernent directement les entreprises.
La première est destinée aux structures privées, publiques et associatives, et leur commande de former et prévenir des violences sexistes et sexuelles (VSS).
Le Haut Conseil à l’Egalité rappelle que le Code du travail impose aux employeurs de prendre toutes les mesures pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs (Code du travail, art. L. 4121-1). Il regrette que malgré cette obligation légale, la prévention des VSS soit souvent négligée, soit par méconnaissance, manque de moyens ou sous-estimation des risques.
Pour ce faire, le rapport propose de rendre obligatoire la prise en compte du risque VSS dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) alors que c’est actuellement facultatif.Â
Rappel
Le DUERP répertorie tous les risques professionnels existants dans l’entreprise ainsi que la traçabilité collective de ces expositions, afin de pouvoir ensuite préconiser des actions visant à les réduire ou à les supprimer totalement.
Le rapport recommande également de renforcer l’application effective des sanctions pénales et financières en cas de manquement des entreprises aux obligations légales en matière de prévention et de traitement des violences sexistes sexuelles.
Bon Ă savoir
Actuellement, en tant qu’employeur, vous êtes tenu de désigner un référent harcèlement sexuel si votre entreprise compte au moins 250 salariés (Code du travail, art. L. 1153-5-1). Si votre entreprise compte moins de 250 salariés, vous le pouvez également mais cette désignation ne revêt, dans un tel cas, pas un caractère obligatoire.
Pour mémoire, une proposition de loi, cosignée par 111 parlementaires de tous bords politiques,
ambitionne de lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, y compris au travail.
De quoi espérer une évolution positive sur la situation du sexisme au travail et des VSS.
Pour en savoir plus sur la prévention des risques liés aux agissements sexistes, les Editions Tissot vous proposent leur documentation « Santé sécurité au travail ACTIV ».
Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les femmes, rapport annuel 2026 sur l'état des lieux du sexisme en France : la menace masculiniste, 21 janvier 2026
Juriste en droit social et rédactrice au sein des Editions Tissot
- Culpabiliser n’est pas aussi efficace que responsabiliserPublié le 11 mars 2026
- Endométriose : des pistes d’action pour améliorer sa prise en compte en entreprisePublié le 6 mars 2026
- Parents d’enfants gravement malades ou handicapés : les droits des salariés bientôt renforcésPublié le 5 mars 2026
- Ouverture du passeport de prévention : rendez-vous le 16 mars pour les employeursPublié le 27 février 2026
- Santé des salariés : focus sur les informations à intégrer dans la BDESEPublié le 26 février 2026



