Proches aidants : quels sont leurs droits ?
Temps de lecture : 5 min
Depuis quelques annĂ©es, les pouvoirs publics ont amĂ©liorĂ© les droits des salariĂ©s aidants. Extension du don de jours de repos Ă leur bĂ©nĂ©fice, Ă©largissement des bĂ©nĂ©ficiaires du congĂ© de proche aidant, renouvellement de l’allocation journalière… Ă€ l’occasion de la 16e journĂ©e nationale des aidants qui a eu lieu le 6 octobre, nous vous proposons de revenir sur les droits des salariĂ©s concernĂ©s.Â
Le congé de proche aidant
Le congé de proche aidant permet au salarié de s'occuper d'une personne proche présentant un handicap ou une perte d'autonomie.
Notez le
Depuis le 1er juillet 2022, le handicap ou la perte d'autonomie n’a plus à être nécessairement d’une « particulière gravité ».
Ce congé de proche aidant suppose que la personne aidée ait la qualité :
- soit de conjoint, concubin ou partenaire de pacs ;
- soit d'ascendant, descendant, enfant à charge ou collatéral jusqu'au 4e degré (frère, tante, cousin, nièce, etc.), du salarié ou de son conjoint ;
- soit de proche, que le salarié aide régulièrement et bénévolement pour les actes de la vie quotidienne
Bon Ă savoir
Il existe d’autres dispositifs  pour soutenir un proche ayant besoin d’accompagnement tels que le congé de solidarité familiale et le congé de présence parentale.
La durée maximale du congé de proche aidant est de 3 mois, renouvelable dans la limite d’une durée totale de 1 an sur l’ensemble de la carrière du salarié. Il peut être fractionné pour des durées minimales d’une demi-journée ou être pris à temps partiel, dans ces deux cas avec l'accord de l'employeur. Il n'est pas rémunéré.
Votre convention collective ou un accord d'entreprise peut prévoir une durée maximale supérieure ou inférieure à la durée légale, et fixer le nombre de renouvellement possible.
Notez que l'employeur ne peut pas s’opposer au congé de proche aidant si toutes les conditions requises pour en bénéficier sont remplies. Toutefois il peut refuser de donner son accord à sa transformation en période d'activité à temps partiel ou son fractionnement.
L’allocation journalière de proche aidant
Le salarié qui en fait la demande peut recevoir l’allocation journalière du proche aidant (AJPA), qui indemnise le congé de proche aidant dans la limite de 66 jours sur la carrière professionnelle du salarié. Elle s’adresse à toute personne qui souhaite réduire ou cesser son activité professionnelle pour s’occuper d’un proche en situation de handicap ou de perte d’autonomie.
Notez le
Depuis le 1er janvier 2025, le salarié peut bénéficier d’un congé de 66 jours donnant lieu à versement de l’AJPA par personne aidée. Le nombre maximal d’AJPA versées ne peut dépasser 264 jours sur la carrière du bénéficiaire. Cette limite sera atteinte si le salarié accompagne 4 personnes différentes (4 x 66 jours).
L'indemnitĂ© versĂ©e par la CAF est fixĂ©e, depuis le 1er janvier 2025, Ă 65,80 euros par jour et 32,90 euros par demi-journĂ©e.Â
Don de congés aux aidants
Avec l’accord de l’employeur, les salariés peuvent effectuer un don anonyme de jours de repos au bénéfice de proches aidants (Code du travail, art. L. 3142-16 à L. 3142-27).
Ce don porte :Â
- sur des jours de repos non pris : congés payés, RTT, JRS ou encore jours de récupération non pris ;
- qu’ils aient été affectés ou non à un compte épargne temps.
Notez le
Si le don porte sur des jours de congés payés annuel, il ne peut concerner que les jours correspondant à la 5e semaine de congés payés.
L’aménagement des horaires
Les proches aidants peuvent bénéficier, à leur demande, d'un aménagement d'horaires individualisés propre à faciliter l'accompagnement de la personne aidée (Code du travail, art. L. 3121-49, al. 2 du Code du travail).
Le déblocage anticipé de l’épargne salariale
Les sommes issues de l’épargne salariale et placées par les salariés dans des plans d’épargne salariale sont en principe indisponibles pendant plusieurs années. Un certain nombre de situations permettent toutefois de débloquer ces sommes avant terme.
Depuis le 7 juillet 2024, la liste s’est élargie au profit, notamment, de l’activité de proche aidant exercée par le salarié, son conjoint ou son partenaire de pacs.
La protection des proches-aidants
Le Code du travail ne prévoit pas de protection particulière au profit des proches aidants, qui sont soumis au régime commun de la rupture du contrat.
Bon Ă savoir
Les salariés en congé de présence parentale bénéficient, eux, d’une protection contre le licenciement.
En revanche, les accords et chartes sur le tĂ©lĂ©travail doivent prĂ©voir les modalitĂ©s d'accès d’un salariĂ© aidant. Par ailleurs, pour les entreprises qui formalisent le tĂ©lĂ©travail par tout moyen, si la demande de recours au tĂ©lĂ©travail est formulĂ©e par un proche aidant, l'employeur est obligĂ© de motiver son refus.Â
En outre, le critère de proche aidant n’est pas intĂ©grĂ© Ă l’article L. 1132-1 du code du travail qui liste les critères sur lesquels il est interdit de fonder une discrimination tel que l’état de santĂ©, la perte d’autonomie ou le handicap.Â
Toutefois, la directive européenne 2019/1158 du 20 juin 2019 concernant l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et des aidants l’envisage. Pour la CJUE, l’interdiction de discrimination indirecte fondée sur le handicap, s’étend bien au salarié qui en est victime en raison de l’assistance apportée à son enfant atteint d’un handicap (CJUE, affaire C-38/24, 11 septembre 2025, Bervidi).
L’obligation de négocier
L’article L. 2241-1 du Code du travail fixe une obligation de négocier au niveau de la branche, tous les quatre ans, sur les mesures destinées à faciliter la vie professionnelle et la vie personnelle des salariés proches aidants.
Au niveau des entreprises, rares sont celles ayant mis en place des dispositions en faveur des salariés aidants, le 6 octobre peut donc être une bonne occasion pour ouvrir le dialogue…
Vous souhaitez mieux communiquer avec vos salariés et créer des temps de partage sur la prévention ? Découvrez la documentation « Communication en Santé Sécurité au Travail ».
Juriste en droit social et rédactrice au sein des Editions Tissot
- Violences sexistes et sexuelles au travail : une proposition de loi entend renforcer les obligations de l’employeurPublié le 24 mars 2026
- Culpabiliser n’est pas aussi efficace que responsabiliserPublié le 11 mars 2026
- Endométriose : des pistes d’action pour améliorer sa prise en compte en entreprisePublié le 6 mars 2026
- Parents d’enfants gravement malades ou handicapés : les droits des salariés bientôt renforcésPublié le 5 mars 2026
- Ouverture du passeport de prévention : rendez-vous le 16 mars pour les employeursPublié le 27 février 2026



