Inaptitude d’un apprenti : la rupture du contrat d’apprentissage obéit à des règles particulières
L’employeur peut procĂ©der Ă la rupture d’un contrat d’apprentissage lorsque l’inaptitude d’un apprenti est reconnue par le mĂ©decin du travail. En pareille circonstance, les parties doivent toutefois garder Ă l’esprit que les règles Ă respecter dĂ©rogent, pour l’essentiel, Ă celles communĂ©ment appliquĂ©es. Tour d’horizon sur les points de vigilance Ă ne pas mĂ©connaĂ®tre.Â
Apprenti inapte : un motif de rupture du contrat d’apprentissage
Les contrats d’apprentissage, bien que conclus pour une durĂ©e correspondant Ă celle du cycle de formation thĂ©orique suivi par l’apprenti, peuvent faire l’objet d’une rupture anticipĂ©e.Â
Au cours des 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, celle-ci peut en effet intervenir Ă la libre initiative de l’employeur ou de l’apprenti, voire d’un commun accord.Â
Rappel
Le versement d’une indemnitĂ©, imprĂ©vu par la loi, peut ĂŞtre toutefois envisagĂ© dans le contrat d’apprentissage.Â
Au-delĂ de cette pĂ©riode, chacune des parties conserve la facultĂ© de rompre le contrat de travail, mais seulement dans des circonstances prĂ©cisĂ©ment identifiĂ©es par la loi. Aussi, si l’employeur entend mettre fin Ă la relation de travail, il lui appartiendra de justifier son choix par l’un des motifs suivants :Â
- la faute grave ;
- l’exclusion définitive du CFA ;
- la force majeure ;
- l’inaptitude.
Notez le
Le contrat d’apprentissage peut être également rompu en vertu d’un accord écrit signé des deux parties où, dans certaines conditions, à l’initiative de l’apprenti lui-même.
Dans l’hypothèse, plus ciblĂ©e, de l’inaptitude, le Code du travail rappelle que celle-ci doit ĂŞtre reconnue par le mĂ©decin du travail dans les conditions de droit commun. Il n’empĂŞche que la rupture du contrat en dĂ©coulant, reposera, quant Ă elle, sur des exigences sensiblement diffĂ©rentes.Â
Rupture du contrat d’apprentissage pour inaptitude : les points de vigilance
Comme l’énonce très clairement l’article L. 6222-18 du Code du travail, si l’inaptitude d’un apprenti est déclarée par le médecin du travail, « l'employeur n'est pas tenu à une obligation de reclassement », et ce, quelle qu’en soit l’origine présumée.
Bon Ă savoir
Cette dispense ne fait cependant pas obstacle à la reconnaissance d’un accident du travail et, le cas échéant, d’une faute inexcusable de l’employeur.
De fait, l’employeur est en droit de procĂ©der, sans dĂ©lai, Ă la rupture du contrat d’apprentissage. Ce dernier n’ayant ni Ă entreprendre des recherches de reclassement ni Ă consulter ses reprĂ©sentants du personnel.Â
Par extension, souligne la Cour de cassation, l’employeur ne peut être assujetti à l’obligation de reprendre le versement du salaire si, dans le mois suivant le constat de son inaptitude, l’apprenti n’a pas été licencié ou reclassé (Cass. soc., 9 mai 2019, n° 18-10.618).
Néanmoins, l’employeur reste bel et bien tenu au respect des formalités relatives au licenciement, tant au regard de la convocation à l’entretien préalable que de sa tenue et de la notification de la rupture.
En outre, l’apprenti dont le contrat de travail a Ă©tĂ© rompu ne peut prĂ©tendre, sauf stipulation contractuelle contraire, Ă une indemnitĂ© de rupture. En revanche, il bĂ©nĂ©ficiera, si ses congĂ©s payĂ©s n’ont pas Ă©tĂ© soldĂ©s, d’une indemnitĂ© compensatrice. De mĂŞme, les documents de fin de contrat devront ĂŞtre mis Ă sa disposition (certificat de travail, attestation France Travail, solde de tout compte).Â
Bon Ă savoir
Le centre de formation dans lequel est inscrit l'apprenti devra, de son cĂ´té :Â
- prendre les dispositions nécessaires pour lui permettre de suivre sa formation théorique pendant 6 mois ;
- contribuer Ă lui trouver un nouvel employeur susceptible de lui permettre d'achever son cycle de formation.
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Juriste en droit social
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