Le comité d’entreprise et ses deux budgets

Publié le 09/10/2013 à 06:00·Modifié le 11/07/2017 à 18:24
·

Temps de lecture : 6 min

Attention

La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.

Le comité d’entreprise dispose de deux budgets distincts. On le répète assez : budget de fonctionnement et budget des activités sociales et culturelles ne doivent pas être mélangés ! Ils se distinguent en effet sur trois points : leur mode de calcul, leur utilisation et leur comptabilité qui doit être séparée.
Budget de fonctionnementBudget des activités sociales et culturelles
Le versement des budgets par l’employeur est-il obligatoire ?
Le budget de fonctionnement est une obligation légale. Tous les ans, l’employeur est obligé de verser au comité d’entreprise une subvention égale à 0,2 % de la masse salariale brute (Code du travail, art. L. 2325–43) sauf s’il fait déjà bénéficier le CE, en matériel ou en personnel, d’une somme équivalente à ce montant.

Le budget des activités sociales et culturelles n’est pas une obligation légale, tous les comités d’entreprise ne la reçoivent pas ou quand ils la reçoivent, il n’existe pas de montant minimum imposé par la loi.

Les CE qui bénéficient d’un budget dédié aux ASC sont généralement ceux des entreprises dans lesquelles l’employeur, avant la mise en place du comité, consacrait déjà des dépenses aux œuvres sociales.

Le budget des ASC peut également résulter d’une convention collective, d’un accord ou d’un usage d’entreprise.

A quoi les budgets servent-ils ?

Le budget de fonctionnement permet au CE de gérer de façon autonome ses dépenses de fonctionnement et celles liées à ses attributions économiques.

Bien qu’il n’existe pas de liste précise établie par le Code du travail, le budget de fonctionnement doit permettre au CE de couvrir :

  • les dĂ©penses administratives :
    • fournitures de bureau, frais de communication tĂ©lĂ©phonique, abonnement Internet, frais postaux, etc.,
    • les frais de personnel (salaires et charges sociales) lorsque le CE emploie un salariĂ© dont la mission relève du fonctionnement administratif du comitĂ© (rĂ©daction des procès-verbaux de rĂ©union, tenue de la comptabilitĂ©, etc.),
    • le recours Ă  des prestataires de services (crĂ©ation d’un site Internet, etc.),
    • les frais de dĂ©placement des membres du CE pour l’exercice de leur fonction, sauf quand il s’agit des rĂ©unions de CE organisĂ©es par le prĂ©sident. Les dĂ©penses effectuĂ©es pour les trajets sont alors Ă  la charge de l’employeur ;
  • la rĂ©munĂ©ration des experts libres : expert-comptable (sauf pour les missions lĂ©gales), juriste, Ă©conomiste, etc. ou encore les dĂ©penses liĂ©es Ă  l’achat de documentation technique ;
  • les dĂ©penses de formation : formation Ă©conomique des Ă©lus de CE pour une durĂ©e maximale de 5 jours.

Le budget des activités sociales et culturelles permet au CE de financer des activités instituées au profit des salariés, anciens salariés, de leur famille et des stagiaires, leur procurant un avantage destiné à améliorer leurs conditions d’emploi. Ces activités doivent bénéficier à tous les salariés sans discrimination.

Elles sont décrites à l’article R. 2323–20 du Code du travail et comprennent :

  • des institutions sociales de prĂ©voyance et d’entraide telles que les institutions de retraites et les sociĂ©tĂ©s de secours mutuels ;
  • les activitĂ©s sociales et culturelles tendant Ă  l’amĂ©lioration des conditions de bien-ĂŞtre telles que les cantines, les coopĂ©ratives de consommation, les logements, les jardins familiaux, les crèches, les colonies de vacances ;
  • les activitĂ©s sociales et culturelles ayant pour objet l’utilisation des loisirs et l’organisation sportive ;
  • les institutions d’ordre professionnel ou Ă©ducatif attachĂ©es Ă  l’entreprise ou dĂ©pendant d’elle, telles que les centres d’apprentissage et de formation professionnelle, les bibliothèques, les cercles d’études, les cours de culture gĂ©nĂ©rale ;
  • les services sociaux chargĂ©s :
    • de veiller au bien-ĂŞtre du salariĂ© dans l’entreprise, de faciliter son adaptation Ă  son travail et de collaborer avec le service de santĂ© au travail de l’entreprise,
    • de coordonner et de promouvoir les rĂ©alisations sociales dĂ©cidĂ©es par le comitĂ© d’entreprise et l’employeur ;
  • le service de santĂ© au travail instituĂ© dans l’entreprise.

En dehors de cette définition, le budget des ASC sert au financement de bons d’achat, de billetterie, de chèques vacances, de colis de fin d’année offerts aux salariés, des sorties avec le personnel, des voyages, etc.

Comment les budgets sont-ils calculés et versés ?

Le budget de fonctionnement est calculé à partir de la masse salariale brute, il doit correspondre au minimum à 0,2 % de cette masse salariale.

Chaque année, à la remise des états financiers de l’entreprise, il est conseillé au CE de vérifier le calcul de la subvention en consultant le compte 641 figurant aux comptes de résultat.

Le calcul ne doit pas uniquement se baser sur les salaires payés et déclarés à l’administration, il doit aussi prendre en compte les indemnités conventionnelles de licenciement, de mise à la retraite ainsi que les indemnités transactionnelles ou accordées par les tribunaux.

La subvention peut être versée en une seule fois en début d’année ou échelonnée sur l’ensemble de l’année. Son versement ne doit pas empêcher le CE de faire face à ses dépenses permanentes ou occasionnelles.

Le budget des activités sociales et culturelles est calculé à partir de minima définis à l’article L. 2323–86 du Code du travail afin de garantir au CE une certaine stabilité de son budget.

Toutefois, le Code du travail ne précise pas si le versement intervient en une seule fois, il peut donc tout à fait être annuel, mensuel, trimestriel ou semestriel.

En cas de doute sur le calcul des subventions versées par l’employeur, vous pouvez lui adresser un courrier de réclamation en utilisant le modèle suivant :

 

Réclamer des explications sur le calcul des subventions (modèle de courrier) (doc | 1 p. | 68 Ko)

Télécharger gratuitement

Si l’un des budgets du CE a tendance à être dépensé plus vite que l’autre, c’est bien celui des ASC.

Le budget de fonctionnement, quant à lui, a tendance à s’accumuler. La tentation pour le CE d’utiliser ce trop-plein de trésorerie pour le financement de ses activités sociales et culturelles est alors grande mais rappelons qu’elle est strictement interdite.

Que faire si le budget de fonctionnement n’a pas été entièrement utilisé sur l’année ?

Le comité peut le reporter d’une année sur l’autre et ainsi se constituer des réserves pour faire face à des dépenses importantes. Il peut aussi le placer pour le faire fructifier. Bien que le CE ne soit plus éligible au livret A depuis 2009, et s’il n’en avait pas avant cette date, il pourra consulter sa banque pour choisir des placements financiers performants.

Les intérêts acquis grâce à ces placements pourraient servir au financement des activités sociales et culturelles. En effet, les intérêts ne correspondant pas à des sommes versées par l’employeur, le CE pourrait donc en disposer comme bon lui semble. Il n’existe pas, à ce jour, de jurisprudence à ce sujet.

Enfin, une question récurrente de la part des CE concerne le financement d’objets publicitaires. Le CE qui décide de réaliser une campagne de communication au moyen d’objets publicitaires estampillés de son logo ou de sa publicité dans le but de mieux faire connaître l’instance auprès du personnel peut à cet effet, utiliser son budget de fonctionnement.

Il est important pour le CE de veiller à la bonne affectation de ses dépenses.

Vous êtes trésorier du CE et vous vous posez des questions sur la gestion du budget ? Les Editions Tissot vous proposent leur « formation trésorier du CE ».

Article rédigé par

 

Les meilleures ventes

ACE
Tissot Information Juridique CSE
Profitez d'un l'accès illimité au service d'information juridique dédié aux membres du CSE.
À partir de787 €HT/an
Téléphone
Ecom tissot cse ia
Tissot CSE IA
La seule IA spécialement pensée pour les élus CSE : basée sur nos fonds documentaires avec l’appui de juristes spécialisés.
IA
ESSAI GRATUIT
À partir de1080 €HT/anau lieu de 1200 €
En ligne
ACE
Tissot Information Juridique CSE
Profitez d'un l'accès illimité au service d'information juridique dédié aux membres du CSE.
À partir de787 €HT/an
Téléphone