Bonne foi et contrat de travail
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Attention
La réglementation a pu évoluer depuis la publication de cet article. Pensez à vérifier les textes en vigueur.
L’obligation de bonne foi n’est pas nouvelle. Sa codification date de 1804 dans l’article 1134 du Code civil : « les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites. Elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel, ou pour les causes que la loi autorise. Elles doivent être exécutées de bonne foi ».
En 2002, cette obligation est intégrée au Code du travail par la loi de modernisation sociale. Le législateur en a alors fait une véritable injonction s’appliquant aux protagonistes du contrat de travail que sont le salarié et à l’employeur.
La bonne foi du salarié
Au lieu et au temps de travail, le salarié est très encadré dans l’exécution de son travail. Pouvoir disciplinaire, respect des horaires, règlement intérieur, évaluation annuel de ses performances, etc., sont des obligations très présentes, sanctionnées en cas de non-respect et laissant peu de part à une éventuelle mauvaise foi du salarié.
C’est donc surtout hors de l’entreprise que cette obligation s’impose au salarié par le respect des intérêts de l’entreprise. Il s’agit de s’abstenir de tout comportement, propos ou activité susceptible de nuire à son entreprise. Cette obligation perdure aussi durant les périodes de suspension du contrat de travail (maladie, accident, évènements familiaux, mise à pied, etc.).
La bonne foi de l’employeur
L’obligation de loyauté s’impose différemment à l’employeur. En effet, elle vient tempérer le pouvoir de direction sous de nombreux aspects et peut être considérée comme le pendant des obligations pesant sur le salarié. C’est un élément important d’équilibrage de la relation inégalitaire entre l’employeur et le salarié.
En matière individuelle, elle passe par les obligations explicitées dans le contrat telles que la fourniture de travail et de rémunération, mais plus généralement de tous moyens nécessaires à l’exécution de sa mission par le salarié.
Le non-respect de l’obligation de bonne foi est donc invocable chaque fois que l’employeur ne respecte pas une règle légale, conventionnelle, contractuelle ou simplement d’usage dont il a connaissance.
Le Code du travail affirme aussi cette obligation en matière de relations collectives de travail en son article L. 2262–4 : « les organisations de salariés et les organisations ou groupements d’employeurs, ou les employeurs pris individuellement, liés par une convention ou un accord, sont tenus de ne rien faire qui soit de nature à en compromettre l’exécution loyale. »
La bonne foi et la loyauté ne sont donc pas des valeurs morales un peu désuètes mais bel et bien des règles légales que nul n’est censé ignorer. Mutuellement consenties, elles permettent de construire des relations de travail équitables et durables dans les entreprises socialement responsables.
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