APLD-R : ce qu’il faut savoir du dernier accord étendu dans la métallurgie
Temps de lecture : 7 min
Face au recul marqué de l’activité dans la métallurgie, un accord inédit a été signé le 18 avril 2025 par les partenaires sociaux pour déployer le dispositif d’activité partielle de longue durée rebond (APLD-R). Il est entré en vigueur le 9 juillet 2025.
SignĂ© par l’UIMM, la CFDT et FO, cet accord encadre la mise en Ĺ“uvre de l’APLD-R par la voie d’un document unilatĂ©ral. Quelles sont les modalitĂ©s retenues ? Quelles obligations pour les entreprises ? Et pourquoi la formation y joue-t-elle un rĂ´le central ? Voici ce que vous devez savoir.Â
APLD-R : un levier essentiel pour la protection des emplois en période de crise
Le mĂ©canisme de l’APLD-R vise Ă offrir aux entreprises une solution pour prĂ©server leurs emplois tout en adaptant leur activitĂ© face Ă une conjoncture Ă©conomique difficile.Â
Un dispositif flexible et encadré
L’APLD Rebond permet aux employeurs confrontĂ©s Ă une baisse durable de leur activitĂ©, sans pour autant compromettre leur pĂ©rennitĂ©, de rĂ©duire ou suspendre temporairement leur activitĂ©.Â
La durĂ©e maximale d’utilisation est fixĂ©e Ă 18 mois, rĂ©partis sur 24 mois glissants, avec une autorisation administrative renouvelable tous les 6 mois. Ce cadre souple, basĂ© sur un diagnostic Ă©conomique actualisĂ©, offre une rĂ©ponse adaptĂ©e aux fluctuations Ă©conomiques du secteur.Â
Une compensation financière équilibrée
Pendant les périodes d’activité partielle, les salariés concernés perçoivent une indemnité correspondant à  :
- 70 % de leur rémunération brute (dans la limite de 70 % de 4,5 SMIC) ;
- 100 % de leur rémunération nette antérieure (au cours d’actions de formation).
En contrepartie, l’État verse Ă l’employeur une allocation Ă©quivalente Ă 60 % de la rĂ©munĂ©ration habituelle. Ce système vise Ă maintenir le pouvoir d’achat des salariĂ©s tout en permettant aux entreprises de rĂ©duire leurs coĂ»ts de main-d’œuvre.Â
Les engagements de l’employeur : un enjeu clé
Le bĂ©nĂ©fice de l’APLD Rebond n’est pas automatique. Il implique des engagements stricts de la part de l’employeur, notamment le maintien dans l’emploi et la mise en Ĺ“uvre de formations professionnelles. Ces obligations visent Ă favoriser la reprise Ă©conomique et Ă renforcer la compĂ©titivitĂ© du secteur Ă long terme.Â
APLD-R : modalités de mise en œuvre au sein de la métallurgie
Depuis l’adoption de l’accord du 18 avril 2025, pour recourir Ă l’ALPD-R, l’employeur doit au choix, d’ici le 28 fĂ©vrier 2026, avoir :Â
- conclu un accord collectif d’établissement, d’entreprise ou de groupe, puis le transmettre à l’administration pour validation.
- Ă©laborĂ© un document unilatĂ©ral (DU), après consultation du comitĂ© social et Ă©conomique (CSE) si celui-ci existe. Ce DU doit dĂ©couler de l’accord de branche du 18 avril 2025, puis ĂŞtre transmis Ă l’administration pour homologation.Â
Il est important de noter que, dans les entreprises d’au moins 250 salariĂ©s disposant de dĂ©lĂ©guĂ©s syndicaux, l’accord impose Ă l’employeur d’engager une nĂ©gociation prĂ©alable sur les modalitĂ©s de mise en Ĺ“uvre de ce dispositif.Â
Important
L’accès à l’APLD Rebond via un document unilatéral est subordonné à une étape préalable essentielle : l’extension de l’accord de branche. Cette extension étant parue au Journal officiel du 8 juillet 2025, les entreprises ont la possibilité de recourir unilatéralement à ce dispositif à partir du 9 juillet 2025.
Contenu obligatoire du document unilatéral
Dans le cadre de l’accord relatif Ă l’APLD Rebond, les entreprises peuvent recourir au dispositif via un document unilatĂ©ral, Ă condition de respecter un ensemble d’obligations.Â
A ce titre, le document doit impérativement intégrer les mentions suivantes.
1. Un prĂ©ambule explicatif. C’est-Ă -dire un diagnostic clair sur le contexte Ă©conomique justifiant la baisse durable d’activitĂ©, les perspectives de redressement, les actions envisagĂ©es pour assurer la pĂ©rennitĂ© de l’entreprise et les besoins en dĂ©veloppement des compĂ©tences.Â
Notez le
Ce diagnostic peut être notamment réalisé à partir des informations contenues dans la BDESE.
2. Son champ d’application. Le pĂ©rimètre concernĂ© doit ĂŞtre prĂ©cisĂ© (entreprise, Ă©tablissements, activitĂ©s et salariĂ©s)Â
3. La pĂ©riode de recours. A savoir la date de dĂ©but et la durĂ©e d’application du dispositif.Â
4. La rĂ©duction de l’horaire de travail. Doit ĂŞtre indiquĂ© le taux maximal de rĂ©duction de l’horaire, dans la limite de 40 % de la durĂ©e lĂ©gale ou conventionnelle, ou 50 % avec autorisation administrative spĂ©cifique.Â
5. Les modalitĂ©s d’indemnisation des salariĂ©s, dans le respect du droit commun applicable.Â
6. Les engagements en matière de maintien dans l’emploi. Doit ĂŞtre rappelĂ©e l’obligation de maintien dans l’emploi pour l’ensemble des salariĂ©s concernĂ©s pendant toute la durĂ©e d’application du dispositif.Â
7. Les engagements en matière de formation professionnelle. Le document doit lister les actions de formation prévues et leurs modalités de financement, en lien avec les besoins en compétences identifiés dans le diagnostic.
8. Les modalitĂ©s d’information du CSE. Les institutions reprĂ©sentatives du personnel doivent ĂŞtre informĂ©es au moins tous les 3 mois sur la mise en Ĺ“uvre du dispositif.Â
9. Les modalitĂ©s d’information des salariĂ©s sur les engagements pris en matière d’emploi et de formation.Â
10. Efforts proportionnés des dirigeants et actionnaires. Décision explicite de l’employeur d’appliquer aux dirigeants salariés, mandataires sociaux et actionnaires des efforts proportionnés à ceux demandés aux salariés.
Procédure d’homologation du document unilatéral et renouvellement de l’APLD Rebond
1. Dépôt de la demande
La demande d’homologation est transmise par voie dĂ©matĂ©rialisĂ©e à l’Administration, accompagnĂ©e du document unilatĂ©ral et de l’éventuel avis du CSE.Â
2. Détermination de la date d’effet
L’employeur choisit une date de dĂ©but entre :Â
- le 1er jour du mois suivant le dépôt de la demande ;
- ou, au plus tard, le 1er jour du 3ᵉ mois suivant.
Illustration
Pour une demande déposée le 10 juin 2025, l’employeur peut solliciter un début d’application au 1er juillet ou, au plus tard, au 1er septembre.
3. Délai d’homologation
L’administration dispose de 21 jours pour se prononcer. Ă€ dĂ©faut de rĂ©ponse, le silence vaut homologation implicite. La dĂ©cision est notifiĂ©e au CSE.Â
Notez le
La décision d’homologation, ainsi que les délais et voies de recours, doivent être portés à la connaissance des salariés par voie d’affichage ou par tout autre moyen permettant de conférer date certaine à cette information.
4. Durée initiale d’autorisation
L’homologation vaut autorisation pour une pĂ©riode initiale de 6 mois.Â
L’APLD peut ĂŞtre accordĂ©e dans la limite de 18 mois d’indemnisation sur une pĂ©riode de 24 mois consĂ©cutifs.Â
Pour un renouvellement, l’employeur doit adresser Ă l’Administration :Â
- un bilan actualisé sur la réduction effective du temps de travail et les engagements tenus en matière d’emploi et de formation ;
- un diagnostic économique actualisé ;
- le procès-verbal de la dernière rĂ©union d’information du CSE.Â
L’autorisation peut ĂŞtre renouvelĂ©e par pĂ©riodes de 6 mois maximum, dans les limites prĂ©citĂ©es.Â
Formation certifiante : un levier stratégique pour l’emploi dans la métallurgie
L’accord insiste sur l’importance de la formation professionnelle. Il encourage le développement de formations certifiantes afin de renforcer les compétences des salariés et d’assurer leur employabilité à long terme. Précisément dans les métiers en tension, en mutation rapide ou exposés à l’obsolescence, et au profit des métiers d’avenir.
Une prioritĂ© est notamment instituĂ©e au profit des formations certifiantes, des parcours de VAE et des bilans de compĂ©tences dans une logique de professionnalisation et d’adaptation.Â
Rappel
Ces actions peuvent ĂŞtre initiĂ©es :Â
- par l’entreprise (plan de développement des compétences) ;
- en co-construction avec le salarié (CPF, Pro-A) ;
- par le salariĂ© lui-mĂŞme (projet de transition professionnelle).Â
L’accord rappelle, en dernier lieu, les leviers de financement complĂ©mentaires mobilisables (FNE-formation, fonds communautaires, fonds spĂ©cifiques PME, etc.). L’Opco 2i accompagne les entreprises dans le recours Ă ces dispositifs.Â
Pour plus de précisions sur les dispositions négociées par les partenaires sociaux de la métallurgie, vous pouvez consulter directement cet accord en ligne.
Arrêté du 30 juin 2025 portant extension d'un accord conclu dans le cadre de la convention collective nationale de la métallurgie (n° 3248), Jo du 8 juillet
Accord du 18 avril 2025 relatif à l’activité partielle de longue durée rebond dans la métallurgie
Décret n° 2025-338 du 14 avril 2025 relatif au dispositif d'activité partielle de longue durée rebond, Jo du 15
Loi n° 2025-127 du 14 février 2025 de finances pour 2025, article 193
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