Convention collective Commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire
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La convention collective nationale (CCN) du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire (IDCC 2216) régit les relations de travail entre employeurs et salariés dans ce secteur en France. Pour les professionnels des ressources humaines, une compréhension approfondie de cette convention est essentielle afin d'optimiser la gestion du personnel et de favoriser un environnement de travail équitable. Tour d’horizon des points clés de cette convention collective.
L’actualité de la convention
Le champ d'application
La convention collective s'applique aux entreprises dont l'activité principale est le commerce de détail ou de gros à prédominance alimentaire. Son IDCC est le 2216. Les principaux codes NAF qui entrent dans son champ d’application sont : 4617A, 4638B, 4639B, 4711A, 4711B, 4711C, 4711D, 4711F, 5210B.
Cela inclut des activités telles que les commerces d'alimentation générale, supérettes, supermarchés, et hypermarchés, ainsi que les centrales d'achats de produits de grande consommation appartenant à ces entreprises. Les sièges sociaux et les activités annexes des magasins, n'ayant pas de personnalité juridique distincte (tels que les entrepôts, jardineries, cafétérias, e-commerce, et « drive-in »), sont également couverts par cette convention.
Elle s'applique sur l'ensemble du territoire national, y compris les dĂ©partements d'outre-mer.Â
Cependant, cette convention ne s'applique pas aux magasins populaires ni aux entreprises relevant de la convention collective nationale des coopératives de consommateurs.
Elle exclut également le personnel des magasins gérés par des gérants mandataires non-salariés, les entreprises de moins de 11 salariés (sous certaines conditions d'effectif et de durée), et celles relevant d'autres conventions collectives spécifiques comme les commerces de gros non spécialisés ou les commerces de gros de confiserie, chocolaterie, biscuiterie et alimentation fine.
Pour en savoir plus : Quel est le champ d'application de la CCN du commerce à prédominance alimentaire ?
La classification
La classification au sein de cette CCN repose sur cinq critères clés : les connaissances nécessaires, l'aptitude requise, les exigences en termes de relation, la responsabilité de la fonction, et son niveau d'autonomie.
Chaque critère est Ă©valuĂ© sur six degrĂ©s, et la somme des points attribuĂ©s Ă chaque critère dĂ©termine le niveau de classification de la fonction, allant du niveau 1 Ă 9.Â
Des « emplois repères » sont également définis pour faciliter l'application de la classification. Ces emplois repères ont une valeur indicative et correspondent au positionnement le plus couramment rencontré pour une fonction donnée dans la profession.
En cas de polyactivité ou de fonctions multiples, la classification prend en compte l'ensemble des activités exercées. Si les fonctions exercées relèvent du même niveau, le degré le plus élevé pour chaque critère est retenu, ce qui peut potentiellement conduire à un classement au niveau supérieur. Si les fonctions sont de niveaux différents, le salarié est classé au niveau le plus élevé s'il l'exerce au moins 40 % de son temps.
En cas de remplacements provisoires, un salarié se voyant confier la responsabilité d'une fonction de niveau supérieur pendant au moins quatre semaines consécutives bénéficie d'un salaire minimum garanti proportionnel à ce niveau. Cette situation ne peut excéder six mois, après quoi l'employeur et le salarié doivent acter les conséquences sur le contrat de travail.
Pour en savoir plus : Comment est organisée la classification dans la CCN du commerce à prédominance alimentaire ?
Les congés
La durĂ©e des congĂ©s payĂ©s annuels est conforme Ă la lĂ©gislation en vigueur.Â
Des congés supplémentaires pour ancienneté sont accordés: 1 jour après 10 ans, 2 jours après 15 ans, et 3 jours après 20 ans d'ancienneté dans l'entreprise. Ces jours sont acquis au 31 mai suivant la date où l'ancienneté est atteinte.
La convention collective du commerce à prédominance alimentaire prévoit également des absences autorisées pour des événements familiaux comme le mariage du salarié, le mariage d’un enfant, la naissance d’un enfant, le décès du conjoint, le décès d’un frère, d’une sœur, d’un beau-parent, d’un petit-enfant, etc.
Les durées de ces absences peuvent varier selon l’ancienneté du salarié. Elles ne donnent pas lieu à retenue de salaire et sont assimilées à du temps de travail effectif pour les congés payés.
Concernant les enfants malades, une autorisation d'absence de courte durée est accordée au père ou à la mère sur présentation d'un certificat médical. Pour un enfant de moins de 12 ans hospitalisé ou en convalescence après hospitalisation, 5 jours ouvrés rémunérés par an sont accordés. Pour un enfant de moins de 16 ans, une absence non rémunérée dans la limite de 5 jours ouvrés par an est prévue, avec possibilité de récupération.
Pour en savoir plus : Bien comprendre les congés dans la CCN du commerce à prédominance alimentaire
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Découvrir l'offreLe contrat de travail
Lors de l'embauche, les conditions d'emploi et de rĂ©munĂ©ration doivent ĂŞtre prĂ©cisĂ©es par Ă©crit. Le contrat doit mentionner l'identitĂ© des parties, la fonction, le niveau de classification, le lieu d'affectation, la date de dĂ©but, le montant de base initial de la rĂ©munĂ©ration et sa pĂ©riodicitĂ©, la durĂ©e du travail, et la rĂ©fĂ©rence Ă la convention collective nationale du commerce de dĂ©tail et de gros Ă prĂ©dominance alimentaire (IDCC 2216).Â
Le recours aux contrats Ă durĂ©e dĂ©terminĂ©e (CDD) est encadrĂ© par la lĂ©gislation en vigueur, avec certaines particularitĂ©s dĂ©finies par la CCN qui se substituent aux dispositions lĂ©gales concernant la durĂ©e du contrat, les renouvellements et le dĂ©lai de carence.Â
La convention introduit Ă©galement le « contrat Ă durĂ©e indĂ©terminĂ©e d'opĂ©ration » (CDI d'opĂ©ration), un contrat conclu pour la rĂ©alisation d'une mission prĂ©cisĂ©ment dĂ©finie et non pĂ©renne. Ce contrat prend fin Ă l'achèvement de l'objet pour lequel il a Ă©tĂ© conclu, ce qui constitue une cause rĂ©elle et sĂ©rieuse de licenciement. Le CDI d'opĂ©ration doit ĂŞtre Ă©crit, spĂ©cifier l'opĂ©ration et la mission confiĂ©e au salariĂ©, et indiquer que l'achèvement de celle-ci peut entraĂ®ner un licenciement.Â
Pour en savoir plus : Contrat de travail dans la CCN du commerce à prédominance alimentaire : quelles règles appliquer ?
La durée du travail
Dans le secteur du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire, une pause rémunérée est accordée à raison de 5 % du temps de travail effectif, et toute période de travail consécutive d'au moins 4 heures doit être coupée par une pause payée avant la 5e heure.
La journĂ©e de travail ne peut comporter plus d'une coupure (interruption de la journĂ©e de travail), outre les temps de pause.Â
Le repos hebdomadaire est d'une journĂ©e entière, en principe le dimanche, auquel s'ajoute une journĂ©e ou deux demi-journĂ©es supplĂ©mentaires par roulement. Les salariĂ©s doivent bĂ©nĂ©ficier d'un repos de 48 heures consĂ©cutives comprenant le dimanche au moins toutes les 12 semaines.Â
Concernant le travail du dimanche, le repos hebdomadaire des salariés concernés doit être organisé dans des conditions propres à chaque cas de figure : commerce de détail, activité annexe du commerce de détail, activité de gros.
L'organisation du temps de travail peut également être annualisée, avec un seuil de déclenchement des heures supplémentaires fixé à 1607 heures de travail effectif sur une période de 12 mois consécutifs. Cette annualisation ne remet pas en cause les durées maximales quotidiennes et hebdomadaires. Les salariés concernés bénéficient d'une rémunération lissée pour maintenir des ressources mensuelles stables.
Enfin, les salariés peuvent être soumis à des permanences (maintien du personnel disponible en dehors des horaires normaux de travail) ou des astreintes (période pendant laquelle le salarié, sans être sur son lieu de travail et sans être à la disposition permanente et immédiate de l'employeur, doit être en mesure d'intervenir pour accomplir un travail au service de l'entreprise).
Pour en savoir plus : Durée du travail dans la convention collective du commerce à prédominance alimentaire : décryptage
Les salaires
La convention collective du commerce à prédominance alimentaire établit des salaires minima hiérarchiques mensuels (SMMG) et annuels (SMAG) bruts garantis pour chaque niveau de classification. Ces montants sont fixés pour un temps de travail effectif de 151,67 heures mensuelles (soit 35 heures hebdomadaires) et incluent un temps de pause rémunéré de 7,58 heures. La grille de salaires tient compte des dispositions conventionnelles relatives à la prime annuelle et aux pauses rémunérées.
Les salariĂ©s de ce secteur ont Ă©galement droit Ă une prime annuelle dont le versement peut ĂŞtre effectuĂ© en une ou plusieurs fois au cours de l'annĂ©e. Pour en bĂ©nĂ©ficier, le salariĂ© doit avoir au moins un an d'anciennetĂ© dans l'entreprise au moment du versement et ĂŞtre titulaire d'un contrat de travail en vigueur ou suspendu depuis moins d'un an.Â
En cas de déclassement suite à un licenciement économique, la convention prévoit des indemnités temporaires dégressives pour les salariés ayant au moins un an d'ancienneté et subissant une réduction de salaire d'au moins 5 %. Cette indemnité est calculée sur 8 mois, avec des pourcentages dégressifs (80 % pour les 2 premiers mois, puis 60 %, 40 % et 20 %) de la différence entre l'ancien et le nouveau salaire.
La convention prévoit également des dispositions spécifiques pour les mutations internes et la priorité de reclassement en cas de licenciement économique.
Pour en savoir plus : Salaires dans la CCN du commerce à prédominance alimentaire : les points clés
Les questions que l’on nous pose souvent
Une convention collective est un accord écrit conclu entre, d’un côté, une ou des organisations patronales et, de l’autre, un ou des syndicats de salariés représentatifs. Elle vise à adapter et à compléter les dispositions du Code du travail pour un secteur d'activité donné. La convention collective fixe notamment :
- les salaires minimaux en fonction de la classification hiérarchique ;
- les éventuelles primes ;
- le régime des congés payés, les congés spéciaux pour événements familiaux ;
- les conditions de travail de catégories particulières de salariés (femmes enceintes, jeunes) ;
- la durée des périodes d’essai, des préavis en cas de rupture du contrat de travail ;
- le contingent d’heures supplémentaires annuel ;
- la complémentaire santé ;
- etc.
Disposer de sa convention collective Ă jour est une obligation pour une gestion du personnel optimale.
Lorsqu’une convention collective est applicable au sein d’une entreprise, l’employeur doit :
- en faire bénéficier tous les salariés liés par un contrat de travail, à l’exception des salariés bénéficiant d’un statut propre (comme les VRP, par exemple) ;
- informer les salariés sur les textes conventionnels applicables selon les modalités prévues par ces textes ou, à défaut, en fournissant au moment de l’embauche une notice d’information ;
- tenir à disposition des salariés un exemplaire à jour des textes conventionnels et afficher à cet effet un avis sur les lieux de travail ;
- informer les représentants du personnel des textes applicables selon les modalités définies et, à défaut de précisions, en leur fournissant un exemplaire à jour ;
- fournir chaque année aux salariés la liste des modifications apportées aux textes conventionnels appliqués au sein de l’entreprise ;
- mentionner la convention collective applicable dans l’entreprise sur le bulletin de paie des salariés.
En d’autres termes, si vous possédez un exemplaire papier de la convention collective mais que celui-ci n’est pas à jour, vous ne répondez pas à votre obligation légale en la matière et vous encourez une, voire plusieurs amendes (C. trav., art. R. 2263-2 et s.).
Si votre entreprise est dotée d’un intranet, vous devez mettre sur celui-ci, à la disposition des salariés, une version informatique à jour des textes conventionnels. Si tous vos salariés n’ont pas accès à l’intranet, cette obligation se cumule avec la mise à disposition d’un exemplaire papier.
Tout dépend si vous êtes ou non adhérent à une organisation patronale signataire de l’accord.
Si la réponse est oui, cet accord vous est applicable immédiatement ou du moins à la date d’entrée en vigueur spécifiée dans l’accord.
Si, au contraire, vous n’adhérez à aucune organisation patronale signataire, vous ne devrez appliquer cet accord qu’à compter de la publication de l’arrêté d’extension.
Attention toutefois, l’entrée en vigueur de certains accords est soumise à la publication de l’arrêté d’extension. Dans un tel cas, l’accord ne deviendra obligatoire pour tous (adhérents ou non) qu’à compter de cette date.
A noter qu’un employeur, membre d’une organisation patronale non signataire d’une convention ou d’un accord collectif, ou encore non membre d’une organisation patronale signataire, peut souhaiter adhérer à titre individuel à cette norme. Il pourra le faire, par exemple, afin d’éviter que ses salariés ne soient privés d’un statut collectif protecteur. Dans ce cas, il s’agit d’une application volontaire, non liée à une obligation.
Rien de plus simple ! Il suffit de vous abonner aux « Alertes conventions collectives ». Vous serez ainsi informé par e-mail, et à la fréquence que vous souhaitez, de toutes les mises à jour apportées à votre convention collective.
Concernant la période d’essai, la loi du 25 juin 2008 prévoit les durées maximales suivantes :
- 2 mois pour les ouvriers et les employés ;
- 3 mois pour les agents de maîtrise et les techniciens ;
- 4 mois pour les cadres.
Si votre convention collective prévoit des durées différentes, 2 cas de figure sont possibles :
- si ces dispositions conventionnelles datent d’avant le 26 juin 2008, vous ne pouvez plus les appliquer, il vous faut appliquer les durées légales ;
- si, au contraire, la convention collective ou l’accord collectif a Ă©tĂ© signĂ© après le 26 juin 2008, seules les durĂ©es plus courtes sont applicables, pas les durĂ©es plus longues.Â
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