Prescription des arrêts maladie : l’Assurance maladie appelle à revoir les règles

C’est une première depuis 2020, l’Assurance maladie doit faire face Ă une augmentation de son dĂ©ficit. Pour retrouver le chemin de l’équilibre financier, son dernier rapport « Charges et Produits » Ă©numère 60 propositions. Encadrement de la durĂ©e des arrĂŞts maladie, prescription du tĂ©lĂ©travail, renforcement de la prĂ©vention… Certaines d’entre elles intĂ©ressent le monde du travail et pourraient figurer dans le futur projet de loi de financement de la SĂ©curitĂ© sociale.Â
Dégradation du déficit de l’Assurance maladie : la nécessité de revenir à l’équilibre financier
Après trois annĂ©es de redressement progressif, le dĂ©ficit de l’Assurance maladie s’est brutalement dĂ©gradĂ© au cours de l’annĂ©e 2024.Â
Ce tournant alarmant, chiffré à 2,7 milliards d’euros, menace de s’aggraver rapidement sous la pression, entre autres, d’un contexte démographique défavorable.
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Selon les estimations de l’Assurance maladie, en l’absence de nouvelles mesures de rĂ©gulation, son dĂ©ficit pourrait quasiment tripler d’ici 2030 et atteindre le seuil des 41 milliards d’euros.Â
Pour bifurquer vers un horizon économique viable, l’Assurance maladie appelle à la mobilisation générale et formule 60 propositions dans son rapport « Charges et Produits pour 2026 ».
Une dizaine d’entre elles intéressent directement le monde du travail et aspirent, pour l’essentiel, à :
- rendre plus juste et efficace la prescription des arrĂŞts de travail pour maladie ;
- renforcer la lutte contre la fraude ;
- dĂ©velopper le rĂ´le des entreprises dans la prĂ©vention.Â
Indemnisation des arrêts maladie : mieux prescrire, mieux dépenser
Comme le rĂ©vèle le rapport de l’Assurance maladie, l’indemnisation des arrĂŞts maladie contribue, pour partie, Ă l’aggravation de son dĂ©ficit. Et pour cause, entre 2019 et 2023, le montant total des indemnitĂ©s journalières versĂ©es, hors indemnisations dĂ©rogatoires liĂ©es Ă la Covid-19, a bondi de 27,9 %.Â
D’après le rapport, cette hausse significative se justifie :
- à 60 % par des facteurs économiques et démographiques (recul du chômage, vieillissement de la population active, hausse des salaires, etc.) ;
- Ă 40 % par l’augmentation de la frĂ©quence et de la durĂ©e des arrĂŞts maladie à âge donnĂ©.Â
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Les causes exactes de cette augmentation sont, Ă ce jour, difficiles Ă identifier et Ă quantifier. Si l’on en croit l’Assurance maladie, celle-ci pourrait trouver son origine, du moins en partie, dans la dĂ©gradation des conditions de travail des salariĂ©s, toujours plus exposĂ©s aux pĂ©nibilitĂ©s physiques et aux contraintes psychosociales.Â
S’agissant, dans une autre mesure, des durĂ©es de prescription, le rapport signale que celles-ci sont parfois : Â
- très longues comparativement aux préconisations formulées par les référentiels de l’Assurance maladie ;
- et donc inadaptĂ©es pour assurer un suivi adaptĂ© Ă la pathologie du salariĂ© et renforcer ses chances de retour Ă l’emploi.Â
Illustration
Les motifs majoritairement indiqués dans les arrêts d’une durée supérieure à un 1 mois correspondent à des syndromes dépressifs et à des troubles anxio-dépressifs mineurs. Or, la Haute autorité de santé (HAS) recommande, dans ces situations, un suivi médical régulier.
Afin d’endiguer la progression des montants indemnisĂ©s, mais aussi garantir une plus juste prescription des arrĂŞts maladie, l’Assurance maladie suggère notamment :Â
- de limiter la durée des arrêts de travail (1 mois en primo-prescription en cas d’hospitalisation et 15 jours en ville, 2 mois en cas de prolongation) ;
- d’intégrer, dans l’avis d’arrêt de travail, la liste des motifs d’arrêt et les durées associées par les référentiels ;
- créer une prescription autorisant le télétravail ;
- ou encore diffuser, au plus grand nombre d’entreprises, les référentiels de bonnes pratiques en matière de conditions de travail.
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