Babyfoot et QVCT, ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain !
Les annĂ©es Covid ont profondĂ©ment marquĂ© les entreprises et ont permis d’instaurer durablement la pratique du tĂ©lĂ©travail. Or, la distance et la perte de contacts quotidiens ont distendu les relations professionnelles. Aujourd’hui, de nombreux collaborateurs souhaitent renouer des liens avec leurs collègues.Â
Faire partie du collectif : un aspect fondamental de la motivation au travail
Depuis l’après-guerre, les psychologues se sont particulièrement intĂ©ressĂ©s aux facteurs de motivation au travail.Â
De manière récurrente, la cohésion d’équipe apparaît comme un facteur déterminant, répondant à des besoins humains fondamentaux :
- le sentiment d’appartenance ;
- la sécurité émotionnelle.
Lorsque les collaborateurs se sentent inclus dans leur Ă©quipe, ils sont plus susceptibles de collaborer efficacement, ce qui renforce leur satisfaction et leur engagement.Â
Qualité de vie au travail et services aux employés
La transformation de la lĂ©gislation française concernant la protection des salariĂ©s, des risques psychosociaux vers la qualitĂ© de vie au travail, a encouragĂ© les entreprises Ă dĂ©velopper des offres de services auprès de leurs salariĂ©s : salles de sport, garde d’enfants et activitĂ©s variĂ©es.Â
Ces initiatives ont Ă©tĂ© accueillies de façon mitigĂ©e par les professionnels de la santĂ© au travail, arguant, Ă juste titre, que ces services ne remplacent pas l’attention portĂ©e Ă l’organisation du travail, seule Ă mĂŞme de prĂ©venir les risques associĂ©s au stress.Â
Ainsi le fameux babyfoot a fait l’objet de remarques et autres blagues rĂ©currentes de la part des psychologues, des Ă©lus du personnel ou de certains RH. Mais ne risque-t-on pas de se priver ainsi d’un outil de choix ?Â
Une alternative au babyfoot
Le babyfoot et autres salles de dĂ©tente mĂ©ritent d’être considĂ©rĂ©s sous un jour nouveau : plutĂ´t que de crĂ©er des espaces sous-utilisĂ©s, nous pourrions gagner Ă instaurer des activitĂ©s conviviales sous la forme de rituels, parmi lesquels les classiques repas de NoĂ«l ou sĂ©minaires. Mais des alternatives plus originales existent.Â
C’est l’initiative de Simon Chourreau, fondateur de la sociĂ©tĂ© L’enjeux, qui propose d’introduire les jeux de sociĂ©tĂ© dans les entreprises. Il explique : « Lorsque l’on joue, les masques tombent. On peut se permettre d’être plus naturel, ou choisir de rester rĂ©servĂ©. Le jeu permet cette liberté », « ma proposition, c’est de jouer pour le plaisir » et enfin « les salariĂ©s ne viennent plus en entreprise uniquement pour travailler. Ils viennent pour avoir des contacts humains et c’est ce que procure une partie de jeux de sociĂ©tĂ© ».Â
Simon Chourreau donne l’exemple de l’un de ses clients, un grand groupe agro-alimentaire : une Ă©lue du personnel s’est proposĂ©e d’organiser, chaque lundi, une session de jeux oĂą tous ceux qui le souhaitent sont les bienvenus. Ainsi, chaque semaine, c’est 20 Ă 30 personnes qui se retrouvent. Des collaborateurs d’équipes variĂ©es ont ainsi l’occasion de faire connaissance dans une ambiance bon-enfant.Â
En conclusion, le babyfoot et les jeux de sociĂ©tĂ© ne remplaceront jamais les actions de prĂ©vention focalisĂ©es sur le cĹ“ur de l’entreprise : le travail lui-mĂŞme. Mais les rituels visant Ă consolider la cohĂ©sion ne doivent pas ĂŞtre nĂ©gligĂ©s pour autant. En plus d’offrir l’occasion aux salariĂ©s de se connaĂ®tre, et donc de faciliter indirectement la collaboration, peut-ĂŞtre permettront-ils de relever le quotidien d’un zeste de joie.Â
Pour déployer une politique de prévention durable, les Editions Tissot vous conseillent leur documentation « RPS et QVCT : le pas à pas d’une démarche à succès ».
Frederick Herzberg, Work and the Nature of Man, The World Publishing Company, 1966
David McClelland, Human motivation. New York: University of Cambridge, 1987
Edward L. Deci & Richard M. Ryan, Handbook of Self-Determination Research, University of Rochester Press, 2002
Psychologue clinicienne - Consultante
Psychologue depuis 10 ans, Emma met son expérience de terrain au service des préventeurs, RH et élus, souvent en première ligne et eux aussi fragilisés.
Son objectif : leur transmettre des outils …
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