Priorité de réembauche : faute de preuve, l’employeur s’expose
Dans le cadre d’un licenciement économique, le salarié peut bénéficier d’une priorité de réembauche. En tant qu'employeur, il vous revient alors de l’informer des postes disponibles. Soyez vigilant, en cas de litige, vous devrez rapporter la preuve que vous avez rempli vos obligations.
Priorité de réembauche : définition
La priorité de réembauche permet au salarié qui a subi un licenciement économique d’être informé en priorité des emplois disponibles dans l’entreprise et compatibles avec sa qualification y compris ceux de catégories inférieures ou différents de son emploi initial (Code du travail, art. L. 1233-45).
Le salarié est informé de ce droit de réembauche et des conditions de mise en œuvre par la lettre de licenciement. Sachez qu’en cas d’omission de cette mention, afin d’être dédommagé, le salarié doit démontrer l’existence d’un préjudice distinct de celui résultant du licenciement.
Bon Ă savoir
Cette priorité de réembauche s’applique également dans les situations suivantes :
- lorsque les salariés quittent volontairement l’entreprise dans le cadre d’une mesure incitative prévue, par exemple, par le plan de sauvegarde de l’emploi ;
- lorsque le salarié résilie son contrat de travail à l’issue d’un congé de maternité ou d’adoption.
Priorité de réembauche : la preuve incombe à l’employeur
La priorité de réembauche est limitée dans le temps. Sa durée est d’un an à compter de la date de rupture du contrat de travail.
Mais sachez qu’il faut que le salariĂ© vous ait fait part, par Ă©crit, de son souhait d’en bĂ©nĂ©ficier. Pour cela, il doit vous informer avant la fin du dĂ©lai d’un an qui court après la date de rupture du contrat de travail.Â
Vous proposez tous les postes disponibles qui répondent aux critères imposés par le Code du travail. Les propositions ne se limitent pas à des postes à pourvoir en contrat à durée indéterminée. A l’exception de ceux ayant pour motif le remplacement d’un salarié absent, vous devez également présenter les postes en CDD. Ainsi, par exemple, si le motif est l’accroissement temporaire d’activité, vous devez informer le salarié du poste disponible s’il répond aux conditions requises.
En cas de litige, il vous reviendra de rapporter la preuve que vous avez bien satisfait Ă votre obligation. C’est-Ă -dire que vous avez proposĂ© les postes qui Ă©taient disponibles et compatibles avec la qualification du salariĂ© ou de dĂ©montrer l’absence de tels postes au sein de l’entreprise pendant la pĂ©riode durant laquelle s’applique la prioritĂ© de rĂ©embauche.Â
C’est ce qu’il ressort d’une dĂ©cision de la Cour de cassation rendue le 14 janvier 2026. Ce n’est pas au salariĂ© de prouver qu’il existait des emplois disponibles et que l’employeur n’a pas respectĂ© la prioritĂ© de rĂ©embauche.Â
Pour simplifier vos démarches, nous vous proposons de télécharger un modèle pour informer le salarié d’un poste devenu disponible extrait de notre documentation « Gérer le personnel ACTIV ».
Cour de cassation, chambre sociale, 14 janvier 2026, n° 24-15.063 (en cas de litige portant sur l’existence de postes disponibles dans le cadre d’une priorité de réembauche, il revient à l’employeur de rapporter la preuve qu’il a satisfait à son obligation)
Juriste en droit social et rédactrice au sein des Editions Tissot
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